Fautes de marges de manœuvre budgétaires, la crise au Moyen-Orient pourrait constituer le point de bascule d’une disqualification définitive de notre modèle d’économie-politique. A l’heure des grands défis contemporains que posent la démographie, l’IA ou la transition énergétique, nous sommes encalminés dans une économie dont la dépense publique (57% du PIB) est consubstantielle de notre modèle fordiste. Nous accumulons les retards quand les autres accélèrent (Cf. OCDE 31/03/26) … Le retour à la prospérité de la France devrait être « le » point nodal de la prochaine présidentielle. C’est un prérequis. Or, qui s’en soucie ? Nous continuons de charger la barque, nous persistons à tout centraliser, nous abandonnons nos singularités. À moins d’un an du 1er tour, on s’agite sur des réglages paramétriques sans qu’aucune vision positive, ni prospective de la France n’émerge ! Cet immobilisme n’est pas une fatalité. La France possède les atouts pour restaurer sa prospérité. Ne nous contentons plus d’ajustements isomorphiques, ni d’injonctions néo-libérales. C’est à un autre niveau que se situe l’enjeu. Notre prospérité suppose trois axes prioritaires : 1) une meilleure distribution de nos leviers de production vers les avantages comparatifs que recèlent notre histoire, notre géographie et nos cultures – pour tordre le bras à cette menace des Chinois, Que faites-vous encore que nous ne sachions pas faire ? – c’est un enjeu existentiel ; 2) une réforme en profondeur de notre organisation institutionnelle et politique dont les principes jacobins sont devenus un entre-soi qui ne permet plus de libérer l’élan de nos territoires ni l’engagement des Français ; 3) un changement de modèle social, vers un système d’inspiration bismarckienne, pour remettre la responsabilité au cœur du système de solidarité