Et si la crise sans fin que nous traversons n’était pas une parenthèse mais un symptôme ? Celui que notre modèle politique a atteint ses limites. Les réponses d’hier ne suffisent plus. Quelque chose en profondeur doit être réinventé.
Je propose une autre économie politique, qui repart de ce que nous sommes vraiment : des hommes et des femmes qui habitent des lieux et des territoires, qui s’inscrivent dans une histoire et une géographie.
Les provinces sont réhabilitées comme armature d’un équilibre retrouvé par des transformations audacieuses à la hauteur du redressement que la France attend.
C’est dans une nouvelle géographie que se déploient l’économie, l’investissement, la formation et les services publics. L’organisation repose sur la confiance, la subsidiarité et l’engagement des citoyens. Elle associe une action locale renforcée à un État chargé des garanties nationales de solidarité et des fonctions régaliennes.
Cinq axes structurent cette vision :
Le premier porte sur une organisation décentralisée et équitable de l’action publique. Il transfère davantage de compétences aux collectivités , simplifie l’organisation administrative et fiscale et rétablit une politique d’aménagement du territoire. Nos territoires sont le point de départ de l’identification des besoins et de l’adaptation des réponses publiques.
Le deuxième axe renforce les capacités d’investissement des territoires et oriente massivement l’épargne vers l’économie réelle. L’épargne est préférée à l’impôt. L’objectif est de mobiliser les ressources des Français au service d’investissements d’avenir ancrés dans les potentiels économiques locaux et nationaux. L’aménagement du territoire assure la cohérence de cette démarche et les conditions d’une prospérité partagée.
Le troisième axe donne une perspective pluriannuelle aux comptes publics et ajuste la dépense au plus près des besoins. Une loi organique introduit une loi de finances triennale. Elle associe contractuellement une trajectoire nationale de finances publiques à des responsabilités locales renforcées.
Le quatrième axe distingue une logique assurantielle, financée par les Français et les entreprises, et un socle de minima sociaux géré par l’État. Il prévoit une politique de formation et de reconversion professionnelle adaptée au potentiel économique de chaque territoire afin d’accompagner les transformations liées à l’intelligence artificielle et à la robotisation. Le territoire constitue l’échelle de rapprochement entre les compétences, les besoins des entreprises et les parcours professionnels.
Le cinquième axe renforce les fonctions régaliennes de l’État. Il priorise les moyens de sécurité intérieure, le recrutement de magistrats pour accélérer le traitement des dossiers, l’application des OQTF, l’introduction de peines planchers et la création de places de prison dans le cadre de délégations de services publiques.
Nos territoires sont des échelles de réconciliation, de projets et d’avenir …