17 octobre 1961, mise au point !

Depuis quelques jours, je suis mis en cause par le maire de Nanterre suite à mon refus de m’associer à la manifestation qu’il co-organise sur le pont de Neuilly en souvenir des tragiques événements du 17 octobre 1961. A lui et à ceux qui mettent en cause ma décision, je voudrais apporter les précisions suivantes : Je tiens d’abord à rappeler que la mairie de Neuilly sur Seine s’inscrit dans le calendrier officiel des Commémorations patriotiques tel qu’arrêté par le Gouvernement de la République ; je constate que le 17 octobre 1961 n’y figure pas. Vous en connaissez les raisons ; vous savez que ces événements du mois d’octobre 1961 se sont déroulés dans une période de tensions très forte entre la police française et les groupes FLN et qu’il n’est pas de mon ressort, ni de celle d’autres élus – sauf à avoir une approche idéologique des circonstances – de donner une interprétation « officielle » à ces événements. L’officialisation nationale d’un événement est du ressort de l’Etat et permet justement de faire accepter par tous l’esprit de concorde et de paix d’une commémoration. Je comprends néanmoins que les maires dont les ressortissants de l’époque ont été des acteurs directs de ces événements organisent une manifestation ; je respecte cette décision mais vous demande de respecter la mienne. Je vous rappelle également – contrairement à ce que vous laissez entendre – que mon refus de participer à la manifestation n’empêche pas l’accès au Pont de Neuilly . En ce qui concerne les événements d’Algérie je continuerai à faire pavoiser la façade de l’hôtel de ville et des autres édifices publics de ma commune chaque 26 septembre, « journée nationale d’hommages aux Harkis morts pour la France », et chaque 5 décembre, « journée nationale d’hommages aux morts pour la France des combattants d’Afrique du nord »

9 réflexions au sujet de « 17 octobre 1961, mise au point ! »

  1. Je suis complètement d’accord avec la position de JCF. Un élu local n’a pas pour obligation de prendre position pour une cause. Surtout lorsqu’elle celle ci fait débat à l’échelle nationale. Les élus locaux devraient plutôt s’interroger sur comment fédérer et unifier leurs concitoyens de différentes origines. Je préfère entendre parler de projets d’avenir socio culturel visant à rapprocher les gens plutôt que des commémorations du passé qui divisent où entretiennent la mémoire de souffrance, de peur et de haine rétrograde.

    Car on voit bien au travers de l’actualité que le commerce des souffrances passées, parfois dans un but électoral, n’a jamais rien donné de bon. Pire, l’ajout d’émotions complexifie des situations que la raison seule a déjà du mal à résoudre.

  2. Chaque Prise de position de JCF me conforte dans mon adhésion à ce mouvement! Un communiqué clair, simple, sans polémique, mais avec un petit rappel sur ce qu’est une journée nationale, et qui elle est censée honorer…
    Merci, encore une fois vous avez été la seule voix à vous élever intelligemment hier.

  3. copié sur le site : « le parti de l’in nocence » :

    Le déferlement de falsifications à laquelle nous assistons à l’occasion de ce sinistre anniversaire est incroyable.
    Du Monde à Mediapart en passant par Télérama et Le Nouvel Observateur, on se surpasse dans le mensonge.
    Pas un mot sur le travail scientifique de Jean-Paul Brunet, Police contre FLN, réalisé grâce à Jean-Pierre Chevènement, paru il y a quelques années chez Flammarion, qui évoque une vingtaine de morts suite à la répression policière ; pas un mot sur le contexte qui voyait à l’époque des dizaines de gardiens de la paix tomber sous les balles du FLN à Paris ; pas un mot sur les milliers d’Algériens assassinés dans la région parisienne par l’organisation spéciale (OS) du FLN soit parce qu’ils appartenaient au MNA ; qu’ils refusaient de payer l’impôt révolutionnaire ; qu’ils soutenaient la France ; qu’ils buvaient de l’alcool ou vivaient avec des Françaises. Pas un mot sur ces dizaines de cadavres poignardés, égorgés, torturés, retrouvés dans la Seine tout au long de l’année 1961 et jetés au fil du courant par les hommes demain de la Wilaya 1. Oui ici on noie les Algériens mais en la matière les plus zélés n’étaient pas ceux qu’on croie. Pas un mot sur les menaces de mort du FLN pour obliger une partie des Algériens à manifester ; pas un mot sur le fait que pendant que leurs congénères tombaient sous les matraques de la police, les chefs étaient bien planqués à l’arrière et négociaient cyniquement avec le gouvernement les modalités de l’indépendance.
    Et puis que dire de cette cohorte de pleureuses repentantes et de menteurs patentés.
    Que dire du PCF, lequel en 1945 saluait la répression en 1945 à Sétif contre les « hitlériens » du MTLD et votait les pouvoirs spéciaux en 1957 à Massu ?
    Que dire du PS, qui, quand il s’appelait encore SFIO, a joué le rôle que l’on sait dans l’engrenage de la guerre ?
    Que dire du NPA, dont les ancêtres portaient les valises du FLN et fermaient les yeux sur les meurtres de masse commis contre les messalistes ?
    Que dire de tous ces imbéciles d’intellectuels de gauche, qui prirent les vessies du despotisme islamiste pour les lanternes de la révolution socialiste ?
    Et que dire des Verts, qui au nom de la « réconciliation » instillent une haine, prodrome de toutes les guerres civiles de l’avenir.

  4. Dans ce dilemme, le Maire de Neuilly a évoqué la nécessité « de faire accepter par tous l’esprit de concorde et de paix d’une commémoration » – C’est un point essentiel – les évènements d’hier ne doivent pas être prétexte à diviser aujourd’hui.

  5. N’oublions pas qu’en 1961, l’Algérie était… française, et que la « guerre d’Algérie » doit être classée au rang des guerres civiles.

  6. Je note que le terme utilisé reste « événements d’Algérie. Pourquoi ne pas parler de guerre.
    Une preuve que nous français devrions regarder notre passé en face pour mieux appréhender l’avenir. Je crois que 50 ans plus tard, il serait temps d’ouvrir nos yeux.

  7. La position du maire de Neuilly est prudente et la prudence en cette matière est nécessaire. Il ne s’agit pas d’accuser les uns pour excuser les autres. Oui, nous étions en guerre, oui, les terroristes algériens ont tué, mais la guerre ne permet pas tous les excès, ni d’un côté, ni de l’autre.
    Et pour réagir aux 2 commentaires précédents, ce qui est choquant dans cette tragédie du 17 octobre, c’est la tuerie commise par des hommes en uniforme et le silence de l’Etat sur cette tuerie. Officiellement, il y a eu que 3 morts (dont 2 sur le territoire de Puteaux), alors que les sources historiques, aujourd’hui encore partielles, montrent qu’il y a eu en réalité des dizaines de victimes.
    Ce qui est choquant c’est le silence et les arguments (encore répétées ici) pour justifier ce silence ou cette dénégation de faits horribles.
    50 ans après, nous pourrions voir ces « évènements » de manière plus objectives. Il n’a pas fallu autant de temps pour que des hommes en France et en Allemagne aient ce courage là.

  8. Concernant les évènements du 17 octobre 1961 il faut noter que la France et l’Algérie étaient en guerre. Le parlement français a d’ailleurs pris acte de cette situation de guerre. Dans aucun pays on n’autorise les ennemis présents sur le territoire national à défiler pour telle ou telle raison.

  9. Il faut penser à tous les Français qui ont souffert pendant cette effroyable crise algérienne. Bravo Monsieur le Maire de rappeler qu’il n’est pas bon de vouloir qu’il y ait hommage d’un côté et honte de l’autre.
    Cette période n’a pas encore pris le recul nécessaire au jugement, et de même que le bain de sang de Charonne n’est pas acceptable pour notre époque, il faut être prudent pour juger aujourd’hui des évènements d’hier.

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