Les chiffres du chômage trahissent cruellement les effets d’une politique de court terme

 

Jean-Christophe Fromantin constate qu’en matière de chômage, les tendances lourdes s’amplifient malgré de petits effets conjoncturels.

Et cela pose une question cruciale : « Est-ce que le modèle français n’est pas en total décalage avec le monde tel qu’il évolue ? » s’interroge le Député des Hauts-de-Seine.

 

 

1) Ne nous réjouissons pas trop vite…

La France compte 5,7 millions de chômeurs soit + 3,1% depuis le début de l’année.

« Je serai plus enthousiaste et plus serein si le recul de 23 000 demandeurs d’emploi en septembre était le reflet d’une dynamique économique » déclare Jean-Christophe Fromantin, Député-maire de Neuilly-sur-Seine.

Or cela n’est pas vraiment le cas :

  • le mouvement sur les jeunes vient essentiellement des contrats aidés
  • la situation se dégrade sur les plus de 50 ans

 

2) Le chômage de longue durée marque notre décrochage économique

« Je déplore que le chômage de longue durée continue à progresser ; ce chômage dont l’inversion de la courbe appelle des perspectives de croissance et des réformes structurelles dont on ne voit pas les signaux » s’alarme Jean-Christophe Fromantin.

Ce chômage de longue durée trahit notre inadaptation aux nouvelles formes de l’économie et à la nouvelle compétition mondiale. Il est aussi la preuve criante de la nécessaire réforme de notre code du travail.

3) La France est quasiment le seul pays qui n’a pas inversé sa courbe du chômage 

Ces chiffres sont également particulièrement inquiétants si on les compare à ceux de nos voisins.

On observe des baisses du nombre de chômeurs en Espagne, en Italie, au Royaume-Uni, en Allemagne mais aussi aux Etats-Unis et au Japon. Et en particulier dans les pays qui ont été le plus touchés par le choc de la crise et qui, eux, en ont tiré les leçons.

 

« La France est quasiment le seul pays qui n’a pas inversé sa courbe. Pourquoi sommes-nous aussi en retard et quelles mesures allez-vous prendre ? » demande Jean-Christophe Fromantin au Gouvernement.

Le CICE a t-il une responsabilité dans l’évolution du chômage ? 

Retrouvez ma question au Ministre de l’Economie sur l’évolution des chiffres du chômage et du commerce extérieur :

Coup sur coup, on découvre les mauvais chiffres du chômage et du commerce extérieur. D’un côté, le chômage augmente de +0.7%, de l’autre, les exportations stagnent à +0.1%. Ces 2 chiffres semblent intimement liés.

L’économie française décroche de plus en plus, y compris sur les secteurs où ses avantages compétitifs étaient les plus forts. En moins de 20 ans, la France a perdu la moitié de ses parts de marché à travers le monde. Cette dégradation de notre économie est probablement la première cause de l’évolution de chômage et plus particulièrement du chômage de longue durée.

« Comment peut-on imaginer créer des emplois dans une économie atone, qui perd des parts de marché et dont le nombre d’entreprises exportatrices s’est réduit ? » interroge le Député-maire de Neuilly-sur-Seine.

Ce ne sont pas les contrats aidés supplémentaires qui résoudront le problème mais de véritables mesures structurelles portant sur la compétitivité de nos entreprises.

C’est d’ailleurs ce que vient de rappeler le Conseil d’analyse économique* (CAE) qui s’inquiète, à  juste titre, de nos pertes de parts de marché et qui invite le Gouvernement à évaluer rapidement le réel impact du CICE pour vérifier sa pertinence sur la compétitivité des entreprises et à lancer des mesures structurelles en faveur de la production.

« On peut s’interroger sur l’efficacité réelle du CICE, dont le CAE indique qu’il pourrait générer des effets contre-productifs en exerçant une pression sur les salaires de 2 à 3 fois le SMIG, ceux-là mêmes qui sont les plus impliqués dans nos exportations » déplore Jean-Christophe Fromantin.

 

* Note du CAE, mai 2015 « A la recherche des parts de marché perdues »

Grand flou sur la position française vis à vis de la dette grecque …

Depuis quelques jours il y a beaucoup d’agitations autour du traitement de la dette grecque ; le ministre des finances de Grande Bretagne a même déclaré que « l’affrontement entre la Grèce et la zone Euro est en train de devenir le plus gros risque pour l’économie mondiale ». La France est directement concernée par ce risque, à la fois au titre des quelques 11 milliards de créance directe qu’elle détient, mais aussi au titre de ses 30 milliards de participation dans la créance détenue par les instances européennes. « 41 milliards ce n’est pas neutre pour notre économie en difficulté, c’est par exemple l’équivalent de l’effort consenti par les Français pour le fameux Pacte de Responsabilité » rappelle le Député des Hauts-de-Seine.

A l’occasion des questions d’actualité à l’Assemblée Nationale, Jean-Christophe Fromantin a interrogé le Gouvernement à la fois sur politique de la BCE dans la politique de liquidités qu’elle mène actuellement pour éviter un défaut de la Grèce mais aussi sur la position française sur la proposition d’Alexis Tsipras de ne payer que les intérêts sur une partie de la dette et de convertir une autre partie en obligation indexée sur la croissance – avec le risque de ne rien rembourser si la croissance est nulle …

La réponse apportée par le ministre du Budget reste très floue.

« A quelques jours d’un Conseil européen je m’interroge sur la position de la France dans ce problème crucial qui conditionne les équilibres de la zone Euro » rappelle le Député. La France gagnerait à s’exprimer plus clairement sur les termes de la négociation qu’il convient d’entamer pour préserver nos intérêts, assurer l’avenir de la zone Euro et permettre à la Grèce d’assurer son avenir.

Ma question au Gouvernement sur les orientations économiques et budgétaires de la France

 

Suite aux déclarations du Président de la République lors du traditionnel entretien du 14 juillet, j’ai interpellé le Gouvernement sur l’incohérence des approches de 2 ministres :

« Monsieur le Premier Ministre : Qui choisissez-vous entre Monnsieur Montebourg et Monsieur Sapin qui ont des options économiques et budgétaires antagonistes?

 

 

La réponse du Ministre du budget

 

Question au Gouvernement sur la mise en oeuvre du pacte de responsabilité

 

Suite à la conférence de presse du Président de la République j’ai interpellé le Premier Ministre sur la mise en oeuvre du pacte de responsabilité.

Il y a urgence, il faut faire plus simple et plus efficace ?

 

Réponse du Ministre de l’Economie :

 

Monsieur le Premier Ministre: les Français perdent confiance !

 

Ce mercredi lors des questions d’actualité au Gouvernement, j’ai interpellé le Premier Ministre sur les chiffres de l’emploi : 1500 nouveaux chômeurs par jour,  4.5 millions de chômeurs (catégories A, B, et C) et un taux de chômage près de 2 fois supérieur à l’Allemagne.  » Monsieur le Premier Ministre la France est en train de perdre confiance !  »

 

 

Première question au Gouvernement


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Question posée dans l’Hémicycle le 17 juillet 2012

M. le président. La parole est à M. Jean-Christophe Fromantin, pour le groupe Union des démocrates et indépendants.

M. Jean-Christophe Fromantin. Monsieur le Premier ministre, vous avez évoqué tout à l’heure les grands projets, les grands programmes d’avenir, en disant à juste titre que c’est avec eux que l’on construit l’avenir du pays et celui de nos enfants.

Depuis les lois de décentralisation et avec la loi instituant le Grand Paris, votée il y a quelques années, l’État a renoué avec de grandes opérations d’intérêt national, de grands projets d’infrastructures qui redonnent à notre pays un rôle de locomotive et l’effet d’entraînement si utile à nos territoires : je pense au plan de renouveau pour le quartier d’affaires de La Défense, à l’opération d’aménagement du plateau de Saclay et à la modernisation des opérations portuaires et aéroportuaires.

Vous savez, monsieur le Premier ministre, combien ces opérations sont nécessaires, à la fois pour l’attractivité du pays et pour la compétitivité de notre économie.

Ma question porte donc sur votre politique à l’égard de ces grandes opérations d’intérêt national.

D’une part, quelles sont vos orientations sur ces opérations ? Comment entendez-vous les faire avancer et les développer, sachant que le contexte économique nécessite que ces grandes opérations d’intérêt national soient à la fois développées et réitérées pour la dynamique de nos territoires ?

D’une manière plus précise, quelles sont vos ambitions économiques pour le Grand Paris ? On parle beaucoup de l’impact social et des mesures de péréquation autour de ce projet, mais on ne dit pas comment on va engendrer cette perspective de richesse sur notre territoire, qui possède des avantages comparatifs tout à fait extraordinaires méritant d’être exploités ?

M. le président. Merci, mon cher collègue !

M. Jean-Christophe Fromantin. D’autre part, ne serait-il pas pertinent que la représentation nationale soit présente dans les structures de gouvernance, notamment dans les établissements publics qui gèrent les grandes opérations d’intérêt national ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI et sur certains bancs du groupe UMP.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre de l’égalité des territoires et du logement. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Écoutez Mme la ministre, s’il vous plaît !

Mme Cécile Duflot, ministre de l’égalité des territoires et du logement. Monsieur le député, le Grand Paris est un projet d’avenir concernant des millions de Franciliens et surtout ceux et celles – l’État et l’ensemble des collectivités locales – qui se sont mis d’accord pour le porter ensemble s’agissant des transports, mais pas seulement.

Je veux vous rassurer tout à fait si vous étiez inquiet : ce projet sera poursuivi. Cela se fera dans un état d’esprit marqué par la crédibilité et par le pragmatisme. (Rires et exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Le pragmatisme impose d’ouvrir les enquêtes publiques, ce qui a été décidé par le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris et de séquencer ce projet pour permettre sa réalisation. Il impose également – vous l’avez évoqué – d’être en lien avec l’ensemble des sujets qui préoccupent les habitants de cette région. Je pense à la question des transports, en particulier les transports de proximité pour tous les territoires qui ne sont pas directement concernés par le projet de métro express.

C’est pour cela qu’une partie des financements sera mobilisée, comme cela avait déjà été prévu dans le cadre du plan de mobilisation pour les transports à destination de l’ensemble des habitants de cette région.

Il nous faut penser au Grand Paris de demain, mais aussi à celui d’aujourd’hui. Cela ne pourra se faire que dans un esprit de rassemblement de l’ensemble des élus franciliens. C’est pour cela que les échanges qui ont eu lieu entre le Gouvernement, l’ensemble des présidents de conseils généraux et le président du conseil régional montrent bien que tous ces élus, en charge de l’avenir des Franciliens, travailleront de concert à doter notre territoire d’un avenir à sa hauteur, tant sur le plan des transports que sur celui du logement, sans oublier l’aménagement, qui permettra de rassembler l’ensemble des activités économiques au plus près du lieu d’habitation. En effet, il faut également lutter contre l’allongement des temps de transport dans notre région.

M. le président. Merci, madame la ministre.

Mme Cécile Duflot. Voilà l’état d’esprit qui nous animera, en association avec les collectivités locales et les représentants de l’État. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC, écologiste, et RRDP.)