12 milliards … pour calmer les Giles jaunes ou pour l’avenir ?

En annonçant une série de mesures sociales très concrètes en réponse aux Gilets jaunes, on se félicite qu’un coup de frein soit donné au blocage du pays mais on peut aussi se poser la question de la portée de ces mesures. Autrement dit : Répondent-elles à l’avenir autant qu’à l’urgence ?

Rien n’est moins sûr.

Ce qui surprend de la part d’un Président qui avait fait du développement des entreprises et de la maîtrise des comptes publics son antienne, c’est qu’il a, en 13’ chrono, changé radicalement de cap. Car, les mesures proposées – en alourdissant de plus de 10 milliards les comptes publics – signent le grand retour de l’Etat-providence. Ces mesures sont d’autant plus étonnantes qu’elles auront inévitablement un double effet d’entrainement : sur l’ensemble des salaires, faibles et moyens – ceux qui ne bénéficient pas de la prime d’activité – qui vont légitimement prétendre à une hausse équivalente (entre 5 et 10%) ; et sur les entreprises et les ménages qui sont ceux qui, in fine, paieront les largesses de l’Etat. C’est-à-dire « nous ».

Comme l’Etat renonce toujours à faire des économies, on agit depuis des années tel un système de vase communiquant, en prenant au gré des crises et des urgences, entre les poches des Français, les caisses des entreprises ou les comptes sociaux. Nous sommes incapables d’amorcer une politique qui agisse à la fois positivement sur les équilibres budgétaires, sur le train de vie des Français et pour la compétitivité des entreprises.

Par ailleurs il est à craindre que cette séquence du quinquennat Macron, marque un stop à toutes les réformes de nature à diminuer la part de dépenses publiques dans le PIB, les seules grâce auxquelles la France pourrait se créer des marges de manœuvre pour préparer l’avenir.

Je reste pour ma part convaincu qu’une voie existe. Elle suppose un agenda qui concilie deux dimensions :

Celle de l’avenir qui passe par un allégement de l’organisation publique pour plus d’efficacité et moins de fiscalité pour les ménages et les entreprises ; par une nouvelle politique d’aménagement du territoire pour permettre aux Français de réussir là où ils vivent ; et par une mobilisation de l’épargne pour financer un programme d’infrastructures et d’investissement dans toutes les régions de France de 60 à 90 milliards.

En attendant ces réformes de structure, des mesures de court et du moyen terme visant à alléger l’ensemble des prélèvements pourraient être prises : Une baisse des charges sociales compensée par une hausse de la TVA à l’exception de celle visant une série de produits de consommation courante ; et la création d’un bouclier social, à périmètre constant, en agrégeant la plus grande partie des aides sociales actuelles souvent dispersées et inefficaces.

La réponse donnée aux Gilets jaunes est pour l’instant une réponse technique. Le Président annonce un « contrat avec la nation ». Il est urgent, car la France n’aura pas les moyens de mettre des milliards sur la table au gré des  colères, fussent-elles légitimes; elle a surtout besoin d’une réponse politique dont la prospérité durable pour tous sera le cap.

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