Automne 2015 : l’impasse politique ?

Cette rentrée 2015 résonne comme une fin de cycle, tant sur le fond que sur la forme.

Sur le fond, l’exercice budgétaire parle de lui-même. La France ne respectera pas la trajectoire de stabilité et de croissance de Bruxelles – sauf à profiter de quelques ajustements conjoncturels qui reportent à demain les problèmes à résoudre aujourd’hui – prouvant ainsi notre incapacité collective à lancer les véritables mutations structurelles dont le pays a besoin. Les mesures proposées sont erratiques, voire clientélistes, et participent davantage d’une réponse de circonstance que d’une stratégie d’avenir. Cet attentisme commence à nous coûter très cher : la dette reste à son plus haut niveau, l’emploi ne décolle pas et la France continue à perdre des parts de marché là où elle dispose pourtant d’avantages compétitifs exceptionnels.

Cette situation sent le soufre car elle nous prive progressivement des marges de manœuvre essentielles pour s’adapter à un contexte international exceptionnellement sensible, marqué à la fois par les incertitudes géopolitiques, les changements de modèle économique et un risque de ralentissement durable de la croissance mondiale.

Malheureusement, les partis politiques, alliés de fait aux corporatismes de tous bords, font aujourd’hui la preuve de leur incapacité à prendre la mesure de ces enjeux. Les querelles, les dissensions ou les fractures, chez les uns comme chez les autres, trahissent leur absence totale de vision partagée pour la France. Malgré le verrouillage quasi-institutionnel qui préserve le « système » du ras-le-bol des Français, les partis politiques prennent l’eau de toutes parts et nourrissent généreusement les courants populistes, démagogues ou bien-pensants qui prospèrent autant à gauche qu’à droite et au centre. Alors que les élections régionales – au lendemain d’une réforme qui renforce malgré tout les compétences des territoires – devraient susciter des débats sur des projets concrets, elles semblent malheureusement être davantage au service d’arrangements personnels ou le terrain de jeu de guerres fratricides directement exportées des états-majors parisiens.

Là encore, cela n’augure rien de bon dans ce que les échéances de 2017 devraient susciter comme propositions courageuses, sérieuses et durables en réponse aux attentes des Français.

Cette fin de cycle doit nous faire réagir et imaginer comment se mobiliser, bien au delà des acteurs autorisés, pour échapper à ce maelström et donner à la France un nouveau souffle. A suivre …

Mobilisons-nous

La détresse que vivent aujourd’hui des milliers de réfugiés, suite aux effets combinés du radicalisme et de la pauvreté et aux conséquences de la guerre, nous interpelle dans notre devoir d’humanité et de solidarité.

Même si nous sommes conscients qu’une solution durable procède d’une série de décisions d’ordre militaire, économique et humanitaire et se joue à l’échelle européenne et internationale, nous devons – chacun à notre niveau – contribuer, dans l’urgence, à protéger les victimes civiles de cette barbarie qui prospère sous nos yeux. Nous le devons d’autant plus que nombre de nos décisions ou de nos indécisions, ne sont pas étrangères à l’évolution de la situation dont les populations subissent directement les conséquences dramatiques.

C’est la raison pour laquelle j’approuve le renforcement de l’action armée et je souhaite vivement participer à la mobilisation qui se met en place. Je prendrai dans les tous prochains jours des initiatives concrètes en lien avec les dispositifs de parrainage et d’accueil qui se mettent en place. Je serai présent à la conférence de samedi 12 septembre au ministère de l’Intérieur.

Jean-Christophe Fromantin, Vice-président du groupe d’études pour les Chrétiens d’Orient à l’Assemblée nationale

Annoncer des baisses d’impôts « quoiqu’il arrive » alimente la fiction politique

L’annonce d’une baisse d’impôts « quoiqu’il arrive » par le Président de la République ne repose sur aucune perspective économique sérieuse. Elle renforce une fois de plus cette fiction politique que l’on raconte depuis des années aux Français pour entretenir un optimisme faux, purement électoraliste. Car aujourd’hui, les incertitudes sur la croissance et les effets conjugués qui pèsent sur notre économie ont rarement été aussi alarmants et devraient au contraire nous inciter à la plus grande prudence. Notre faible compétitivité, combinée aux signaux de fragilité de l’économie mondiale, risque de nous entrainer dans de fortes turbulences au cours des mois à venir. La crise agricole, les difficultés à contenir la progression du chômage ou les pertes récurrentes de nos parts de marché sont des signaux avancés de ce décrochage de la France. En face, la crise économique en Chine, les perturbations qu’entraine la chute du cours du pétrole chez plusieurs de nos partenaires ou les tensions politiques qui risquent de secouer l’Europe suite à la démission du Premier ministre grec sont d’autres signaux inquiétants de l’instabilité de notre environnement économique. Tout cela devrait nous préserver de toute politique fiscal clientéliste car les conséquences d’un ralentissement de l’économie mondiale pourraient avoir des effets dramatiques pour l’avenir de la France. Tous ces paramètres appellent au contraire une politique de grande rigueur budgétaire, des réformes structurelles et des investissements d’avenir. L’inverse de ce que nous faisons aujourd’hui. A quand un Président qui fasse un diagnostic objectif, qui pose les vrais enjeux et qui propose une nouvelle politique pour donner à notre pays le nouveau souffle dont il a besoin …?

Grand Paris : Pecresse et Bartolone ont raison de soutenir la métropole-région

« La gouvernance à cinq niveaux est une folie et l’assurance de l’inefficacité »

Les récentes déclarations de deux candidats aux élections régionales en Ile de France, Claude Bartolone et Valérie Pécresse, proposant de rapprocher le périmètre métropolitain de celui de la région ouvrent, enfin, de nouvelles perspectives dans le débat sur la création de la Métropole du Grand Paris. Au-delà des questions de calendrier, il est légitime de poser clairement le sujet de la métropole-région à double titre : d’abord parce que cela permettrait de rationnaliser la gouvernance métropolitaine autour de trois échelons (commune, intercommunalité et métropole-région) – plutôt que d’aller vers cinq niveaux (commune, territoire, département, métropole et région) –, source inévitable de dépenses, de complexité et d’inertie, mais aussi compte-tenu de la nécessaire coordination des politiques publiques de développement et d’emploi.

« Il est urgent de rationnaliser la gouvernance pour mieux coordonner les politiques publiques »

La question préalable qui aurait dû être plus clairement posée est celle de l’objectif poursuivi. Faute de l’avoir posée et d’y avoir réellement répondue, nous encalminons le projet de Grand Paris dans un processus extrêmement lourd et complexe qui va à l’inverse des intentions du Gouvernement en matière de modernisation de l’action publique. En dispersant les centres de décisions, en ajoutant deux niveaux de gouvernance, en multipliant le nombre d’élus ou en éclatant les compétences, on renforce l’atonie de l’action publique. Malheureusement, l’actualité du chômage nous interpelle ; elle nous dit l’urgence de faire une métropole efficace qui soit, prioritairement, un levier de développement et de croissance au service des entreprises et de l’emploi.

L’évolution des débats au sein de Paris-métropole, mais aussi dans les instances parlementaires, témoigne des difficultés à construire une perspective commune à la fois consensuelle et ambitieuse.

Trois principes devraient inspirer cette construction métropolitaine :

1) Celui d’une gouvernance plus lisible qui revisite le principe de subsidiarité dans un cadre nouveau. Les communes gardent les compétences de proximité et transfèrent celles dont la taille critique appelle une autre échelle dans des intercommunalités de 300 à 500.000 habitants. Les départements sont supprimés et le Conseil régional d’Ile de France devient la « métropole-région du Grand Paris ». Cette nouvelle collectivité est composée des élus intercommunaux et d’élus régionaux permettant ainsi de réunir, dans une même instance métropolitaine, les acteurs de proximité et du développement.

2) Celui d’une meilleure convergence des politiques publiques qui concourent au développement et à l’emploi. Cette ambition est réellement stratégique. Car la dispersion des politiques entre 5 niveaux, auxquels il faut ajouter les missions départementales et régionales de l’Etat, risque d’être réellement contre-productive. Comment imaginer une action publique efficace quand elle fait intervenir au moins sept niveaux d’acteurs ? La convergence des politiques économiques, de transport, de formation et d’emploi au sein de la région-métropole gagnerait en efficacité. Elle serait complétée par des contrats de développement territorial conclus avec chaque intercommunalité et par un contrat de plan avec l’Etat. La région-métropole opérerait également les « centralités économiques » à fort potentiel comme les aéroports ou les centres d’affaires afin de les inscrire dans une politique métropolitaine cohérente.

3) Enfin celui d’une ambition commune autour d’objectifs partagés. Les grandes problématiques de logement, de réseaux, de développement économique et d’emploi seraient clairement énoncées dans les engagements politiques des candidats à la métropole-région avec l’assurance qu’ils détiennent enfin les leviers d’action dont la métropole et ses habitants ont besoin.

« Les élections régionales sont l’espace politique nécessaire au débat sur le Grand Paris car actuellement, personne ne comprend vraiment qui sera responsable de quoi dans l’usine à gaz en construction … »

Dès 2013, j’avais proposé par amendements dans la loi MAPTAM que le « fait métropolitain » intègre ces objectifs fondamentaux, qu’il coïncide avec le périmètre du Grand Paris Express, qu’il n’exclut pas les zones à plus faible densité dont les spécificités sont nécessaires au développement de ce territoire d’avenir.

Il n’est pas trop tard pour revoir ce projet. C’est même urgent car trop rares sont les habitants d’Ile de France en mesure de comprendre qui va gérer quoi dans ce futur Grand Paris. Les élections régionales pourraient être l’espace politique et démocratique pour relancer ce grand débat et marquer réellement l’ambition du Grand Paris. C’est ce que semble proposer les deux principaux candidats.

Soutenons les candidats aux Régionales dans cette perspective de faire de la région-métropole le territoire de projet du Grand Paris.

Comment peut-on imaginer un monde au sein duquel les acteurs politiques seraient à ce point dévitalisés qu’ils ne pourraient plus témoigner de ce qui les anime ?

J’ai accepté de venir témoigner dans ma paroisse de Neuilly de mon engagement politique et de le croiser avec le message du Pape François sur la politique – cf. « La joie de l’Evangile » publiée en novembre 2013 –. Une polémique a été lancée dans les médias sur le sens de cette intervention et sur l’expression d’un élu sur sa foi.

Cette polémique me touche, à deux titres : d’abord sur la forme, parce que cette intervention est purement privée, car elle se déroule dans une salle paroissiale et parce que la communication n’est faite qu’au travers des supports de la paroisse ; j’interviens comme n’importe quel paroissien qui témoigne de ses convictions et de son engagement. Mais elle me touche surtout sur le fond. Quand au nom du principe de laïcité on s’indigne sur ce qui relève justement des convictions. Pourquoi s’indigner quand un élu témoigne de sa foi dans un contexte privé, qui plus est au sein même de sa propre église ? Comment peut-on imaginer un monde au sein duquel les acteurs politiques seraient à ce point dévitalisés qu’ils ne pourraient plus témoigner de ce qui les anime ? Comment interpréter le bien commun s’il n’est relié à aucune valeur ? Comment faire confiance à un homme politique s’il ne témoigne pas clairement de ses convictions et des valeurs auxquelles il croit ? Ces questions sont essentielles et méritent d’être clairement posées.

Au contraire de ceux qui m’accusent, je ne m’inscris pas dans cette laïcité anesthésiante que la « bien pensance » actuelle tente de nous inoculer. Je m’inscris au contraire dans une laïcité protectrice des religions et de ceux qui les pratiquent ; dans une laïcité qui laisse chacun totalement libre de témoigner de ce dont il croit au sein de sa propre église ; mais aussi dans une laïcité respectueuse des libertés ; dans une laïcité dont les valeurs mêmes sont issues d’un héritage chrétien qui se veut avant tout attentif, tolérant et ouvert.

Il me semble aujourd’hui essentiel de réaffirmer clairement nos convictions, de les assumer pleinement, et de rappeler qu’elles donnent son véritable sens à notre engagement politique. Comment prétendre avoir le courage de réformer si nous n’avons pas celui de défendre ce en quoi nous croyons ?
 Les enjeux auxquels nous devons faire face appellent de notre part plus de cohérence car la crise que nous traversons se révèle être d’abord une crise de sens.

Faire d’un témoignage de sa foi, dans sa propre paroisse, un motif d’indignation en est la preuve vivante et inquiétante. Réagissons !

Lire un article sur ce sujet sur le site  ALETEIA 

Dans le 92, la logique des partis prime encore sur celle des territoires …

La réélection de Patrick DEVEDJIAN à la présidence du Conseil général est une bonne nouvelle pour notre département.

Comme Alexandra FOURCADE et Arnaud de COURSON, Conseillers départementaux sortants et réélus, comme Pierre-Adrien BABEAU, et Frédérique COLLET, nouveaux Conseillers départementaux de Neuilly et Levallois, je soutiens cette nouvelle présidence et je lui souhaite bonne chance.

Je regrette toutefois qu’une participation à l’exécutif départemental n’ait été proposée à aucun de ces quatre nouveaux Conseillers. La logique partisane semble avoir été préférée à celle d’une répartition territoriale équitable qui aurait permis de mieux adresser les nouveaux enjeux de notre département dans le Grand Paris.

C’est la raison pour laquelle la perspective de création d’un nouveau groupe des « indépendants » au sein de la nouvelle assemblée départementale prendra tout son sens. Il participera au renouveau qui est en marche sur notre département mais aussi en France. Il veillera à ce que l’intérêt des territoires prime sur celui des appareils. Il conduira une réflexion sur les enjeux pour les Hauts-de-Seine de la réforme territoriale et de la mise en place de la future métropole.

Cette nouvelle mandature départementale s’inscrit aussi dans une période de turbulences pour nos villes, nous avons besoin de Conseillers départementaux engagés pour accompagner ces évolutions.

Élections départementales : « J’ai un peu de mal à sauter de joie »

« J’ai un peu de mal à sauter de joie » déclare ce matin le Député –Maire UDI de Neuilly-sur-Seine. Tout en se félicitant de la réussite de nombreux Conseillers départementaux UDI dont il salue l’engagement territorial, il fait néanmoins un triple constat :

Celui d’une bipolarisation de la vie politique avec un effet de balancier entre l’UMP et le PS qui profitent, à tour de rôle, d’un vote sanction à l’égard de ceux qui gouvernent. « Ces succès en trompe l’œil nous éloignent d’un débat de fond et du vote d’adhésion dont la France a besoin pour entamer de véritables réformes (…) Cette situation va poser un double problème : au PS, écartelé entre le réalisme social-démocrate et la gauche dure, qui n’a plus de ligne politique ; à la droite, qui, fort de cet effet balancier, prépare l’alternance sur des logiques d’appareils plutôt que sur des propositions politiques » regrette Jean-Christophe Fromantin.

Celui de la distance des électeurs par rapport aux partis de Gouvernement. « A peine 30% du corps électoral fait encore confiance aux partis politiques présents dans les assemblées parlementaires (…) c’est une rupture de confiance qu’on ne peut plus ignorer (…) ce chiffre témoigne également d’un détournement de ce scrutin par les appareils au détriment des enjeux territoriaux » déclare le Député des Hauts-de-Seine.

Celui du succès du Front national, qui, en totalisant plus de 40% des suffrages exprimés, prouve le niveau de mécontentement qui s’inscrit dans la société. « Ce score témoigne d’une radicalisation de l’opinion et préfigure des situations extrêmement compliquées à gérer aux prochaines élections » regrette Jean-Christophe Fromantin.

« Tout cela ressemble plutôt à une fin de cycle qu’il va bien falloir regarder en face plutôt que de persister dans l’autosatisfaction » conclut le Député.

Départementales : Bravo à l’équipe municipale

Avec 63,45% des voix et plus de 28% des inscrits, l’équipe municipale représentée par mes deux adjoints Alexandra Fourcade et Pierre-Adrien Babeau, réalise le deuxième meilleur score du département des Hauts-de-Seine. 

Depuis 2008, je défends sans relâche une nouvelle manière de faire de la politique. Je suis fier que ce binôme issu de mon équipe municipale ait été élu dès le premier tour et je me rejouis de cette belle dynamique et des succès rencontrés élection après élection.

le Grand entretien @atlantico_fr

On vous voit davantage comme une personnalité en dehors des clous en politique : issu de la société civile, vous vous démarquez davantage par la proposition, par les idées concrètes plutôt que par les logiques politiciennes. Pour autant, cette attitude n’a pas porté ses fruits. Comment résoudre / gérez-vous cette position ? 

Au contraire, c’est avec ce positionnement libre et éloigné des constructions politiciennes, que j’ai été élu à la fois maire et parlementaire. Jusqu’à présent cela m’a plutôt servi … Et c’est logique, car mon engagement politique part du même constat que celui des 90% de Français qui disent ne plus faire confiance aux hommes politiques, ni aux partis traditionnels. Je ne supporte plus ce langage démagogique, ces attaques personnelles, cette critique systématique et l’absence de vision qui caractérise le débat politique. Je n’ai pas envie d’être un homme politique comme les autres. J’ai envie d’entreprendre pour ma ville, pour mon pays, d’oser, de réformer, de réinventer, de renverser la table s’il le faut, mais surtout pas de m’installer dans le confort d’une carrière politique.

La réforme territoriale, dont vous avez récemment vilipendé le 3ème volet à l’Assemblée, rend les futures responsabilités des élus des départementales un peu floues. Selon vous, quels sont alors les vrais enjeux de ces élections ?

Avec la réforme territoriale nous avions une occasion formidable de bâtir la France de demain : en créant de nouvelles régions autour de quelques métropoles ouvertes sur le monde ; en structurant la France autour de 500 villes moyennes pour offrir à chacun le bouquet de services publics auquel il peut légitimement prétendre ; en proposant une nouvelle carte des mobilités et de l’aménagement du territoire ; et en lançant une grande réforme de l’organisation de l’Etat. Plutôt que d’adapter la France aux nouveaux défis, on a bricolé en maintenant toutes les épaisseurs du millefeuille territorial. Les départements sont une échelle qui se justifiait sans doute à la fin du XVIIIème siècle mais qui peine aujourd’hui à trouver sa place dans une nouvelle ambition territoriale. C’est la raison pour laquelle l’intérêt de cette élection échappe de plus en plus au Français. Du coup, le véritable enjeu sera sans doute dans la lecture des résultats et dans les enseignements que l’on tirera des messages politiques que les Français vont adresser.

D’aucuns estiment qu’après la réforme territoriale, la réforme du système de Santé s’inscrit dans une recentralisation. Partagez-vous cette analyse ?

La réforme de la santé s’inscrit indiscutablement dans un processus d’Etatisation. Par les effets conjugués de la généralisation du tiers payant – qui va soumettre l’exercice libéral de la médecine à un système de financement institutionnalisé –, du renforcement du rôle des agences régionales de santé – qui prive les collectivités locales de leur rôle d’organisateur d’un dispositif territorial de parcours de soins –, et par les nouvelles contraintes qui pèsent sur les établissements qui ne relèveront pas du service public hospitalier, on bouleverse un modèle, certes perfectible, mais qui avait l’avantage d’articuler le public et le privé. Je ne vois pas dans cette réforme aucun des progrès dont a besoin notre système de santé. Je pense à la responsabilisation des usagers, au développement de la médecine ambulatoire ou à la rationalisation des systèmes d’assurance maladie.

Hervé Morin a annoncé cette semaine qu’en cas de duel FN-PS, il préférerait voter blanc, et PS à la présidentielle « j’ai connu l’Assemblée nationale en 1986 avec un groupe parlementaire FN, est-ce que la République a été menacée par la présence du FN? Certainement pas. ». Lors des élections dans le Doubs, le parti centriste avait appelé à voter pour le candidat socialiste. A l’instar de l’UMP, l’UDI vivrait-il une crise identitaire ? En quoi un Front national à 30% dans les sondages rebat-il les cartes des positions centristes ?

Si nous raisonnons sur l’avenir de nos partis politiques par des tactiques anti-Front national, alors on disparaitra. Les Français n’attendent pas de nous des coalitions défensives par rapport à qui que ce soit, mais une remise en cause du système établi qui ne fonctionne plus. Le Front national incarne seul cette transgression. Il faut porter une autre transgression du système établi, mais avec des vraies solutions, ouvertes, contemporaines, innovantes et ambitieuses. La vision du Front national est archaïque, elle nous ramène au XXème siècle. Tout aussi archaïques sont les partis traditionnels, quand on voit les mêmes acteurs depuis trente ans, qui jouent la même pièce, figés dans les conservatismes, qui verrouillent le débat politique et n’arrivent pas à enclencher les grandes réformes de modernisation dont la France a besoin. On a parfois l’impression qu’ils en sont restés au XIXème siècle. Nous sommes au début du XXIème siècle, à la fin d’un cycle, il est urgent d’en prendre conscience.

Récemment, un sondage Odoxa pour le parisien (voir ici), montrait que si l’alliance UMP-UDI-DVD dépassait d’une courte tête le FN pour les élections départementales, les intentions d’abstention s’élevaient malgré tout à 56%. Comment répondre à ceux qui considèrent que voter n’est pas important ? 

Pas en tout cas par le vote obligatoire comme certains tentent de le proposer. Cela apparaitrait comme un renoncement à convaincre les Français avec des idées neuves et audacieuses. Quand un produit ne se vend pas, vous n’essayez pas de rendre son achat obligatoire, mais plutôt de le faire évoluer pour qu’il réponde à la demande. C’est donc au politique de se remettre en cause et de susciter un vote d’adhésion. Personne aujourd’hui ne va dans ce sens. C’est tellement plus facile de gagner les élections en critiquant l’autre. Je suis persuadé que la grande majorité des Français pensent que voter est important. Mais je suis aussi convaincu que la résignation l’emporte sur la mobilisation.

A propos de la nouvelle formation qu’il souhaite créer, dont le nom « Les Républicains » a été évoqué, Nicolas Sarkozy aurait dit « Ce sera une formation beaucoup plus large, plus rassembleuse, plus dynamique, ouverte à tous ceux qui voudraient préparer l’alternance, et notamment au centre ». Comment appréhendez-vous cette ouverture sur le plan des idées ? 

Pour faire quoi ? L’alternance est une chose ; le redressement de la France en est une autre. C’est la question du projet qui se pose aujourd’hui pas celle d’un nom. Les Français ne se contenteront pas d’un emballage, d’un nouveau nom, de quelques slogans, ni d’un cadeau-surprise …

Existe-t-il des points sur lesquels le degré de compatibilité reste à éclaircir ?

Nous sommes encore loin d’une étape d’ajustement des offres. Dans la mesure où la France a besoin de se réinventer, toutes les grandes orientations méritent d’être élaborées et exprimées clairement : la réforme des modèles politiques et de la gouvernance des territoires et de l’Etat pour diminuer la dépense publique ; la réforme économique et fiscale autour d’un véritable réamorçage de la compétitivité et de l’investissement ; la réorganisation des politiques sociales et familiales pour assurer de véritables solidarités et neutraliser les effets d’aubaines qui ruinent nos systèmes d’assurance ; l’impulsion européenne pour établir une stratégie de croissance dans la mondialisation et consolider une perspective économique commune ; le rôle de la France dans le monde pour maintenir notre rayonnement et arrêter une doctrine de défense nationale. C’est à l’aune d’une comparaison des réponses données par les uns et les autres à ces grandes problématiques que nous pourrons valider les compatibilités des projets et arrêter, le cas échéant, une stratégie commune pour 2017.

D’ailleurs en Octobre 2014, un sondage Ifop montrait que 74% des sympathisants UDI estimaient qu’il y avait trop d’immigrés en France. Existe-t-il un décalage entre sympathisants et cadres du parti ? Comment comptez-vous répondre à ce sentiment ?

 En regardant ce sujet en face. Sans tabous. Et en faisant des propositions sur les axes de réponses que sont la régulation des flux, la surveillance aux frontières, la définition d’une politique européenne cohérente sur le droit d’asile et la mise en place d’un dispositif d’intégration. La politique du laisser-aller que nous tolérons aujourd’hui est une terrible hypocrisie. Elle est indigne d’un pays comme le notre et elle génère cette communautarisation de l’immigration qui est la source d’une grande misère.

Récemment, François Hollande s’est dit favorable à la candidature de la France aux Jeux Olympiques de 2024 à Paris. Dans quelle mesure cette annonce contrevient-elle à votre ambition d’accueillir l’exposition universelle de 2025 ?

Le 6 novembre dernier, François Hollande a déclaré « La France sera candidate à l’Exposition universelle de 2025 ». Dans la suite de sa déclaration nous avons engagé les discussions avec le Premier ministre pour organiser cette candidature que nous devons gagner. En parallèle, des dizaines d’entreprises, d’universités, de grandes écoles et de collectivités sont mobilisées pour donner corps à cette candidature. Le 5 mars dernier, devant plus de 120 ambassadeurs des différents pays du monde, nous avons présenté cette candidature avec Emmanuel Macron, ministre de l’Economie. Notre motivation est très forte car notre pays a besoin de ce nouvel élan. Nous devons maintenant faire de ce projet l’ambition de la France toute entière.

La fin de vie c’est encore la vie…

La vie est fragile, elle l’est encore plus au début et à la fin du cycle qui nous mène de la naissance à la mort. Et notre projet de société, notre principe de fraternité, est de rester solidaire tout au long de ce processus, d’assurer à chacun, quelles que soient les circonstances, que sa vie sera privilégiée ; en particulier au moment où il est le plus vulnérable. C’est le fondement du lien familial, mais c’est aussi celui du lien social qui unit chacun d’entre nous au plus profond de notre conscience.

La proposition de loi créant des nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie brise cette solidarité. En introduisant la sédation profonde et continue jusqu’au décès, elle bouleverse ce contrat social. Elle remplace l’accompagnement des personnes en fin de vie par l’autorisation délibérée de mettre un terme à la vie.

Au nom de la dignité, cette loi nous fait renoncer à l’exigence humaine de l’accompagnement, au profit d’une sédation finale dont il sera impossible d’arrêter les contours, ni de tracer les limites.

Défendre la vie est certainement l’acte politique le plus emblématique que l’on puisse poser. C’est le socle du vivre ensemble que chacun d’entre nous appelle de ses vœux. La loi Leonetti de 2005 avait permis d’atteindre ce juste compromis pour combattre la douleur et éviter l’acharnement thérapeutique. Cette loi était néanmoins exigeante. Elle appelait à ce que nous développions une véritable politique de soins palliatifs ; elle nous interpellait positivement sur la fin de vie ; elle nous permettait d’éviter la tentation d’un expédient qui risque de satisfaire d’autres attentes que celles liées à la dignité de la personne humaine.

Ne renonçons pas à cette exigence. Car la proposition de loi dont nous allons débattre n’est pas un prolongement de la loi actuelle, ni une réponse à ses imperfections, c’est un profond changement de paradigme qui nous laisse à croire que la fin de vie n’est plus tout à fait la vie…

Loi Macron : ce n’est pas une révolution mais avançons …

Dès octobre dernier, les économistes de l’OCDE rappelaient la faible contribution qu’aura la loi Macron sur la croissance française. Ceux qui voteront sur la promesse de croissance – bien qu’inscrite dans le titre du texte – devront en toute bonne foi voter contre.

Mais l’enjeu était probablement ailleurs. C’est en tout cas comme cela que j’ai abordé ce débat. Car, si je suis persuadé que les grands leviers de croissance relèvent d’une loi de finances – et si je déplore l’absence d’ambitions du Gouvernement sur ce sujet – il n’en demeure pas moins que cette loi vient percuter avantageusement quelques conservatismes. Ce n’est pas une révolution, ni un retournement politique, mais c’est une amorce de mouvement que nous avions le devoir d’accompagner.

C’est la raison pour laquelle ce texte ouvrait deux perspectives distinctes : celle de la remise en cause de quelques rigidités emblématiques et celle de la coproduction législative.

L’atteinte du premier objectif reste discutable. Chacun verra midi à sa porte.

J’avais pour ma part concentré mes interventions sur quelques points saillants dont la réforme du permis de conduire et le financement des entreprises.

– Sur le permis de conduire, nous avons été déçus. Après de longs débats et des marques d’intérêts indéniables du ministre, la solidarité gouvernementale – ou la pression de quelques syndicalistes – a bloqué l’audace dont nous avions fait preuve en appelant à réformer en profondeur les procédures d’examen. Quelques modestes avancées sont venues compenser nos propositions mais elles ne régleront pas le problème.

– Sur le développement des entreprises, plusieurs de nos amendements ont été pris en compte. J’avais proposé deux dispositions innovantes pour faciliter le financement des haut et bas de bilan : la création de nouvelles places de cotation régionales dans les métropoles afin d’orienter plus efficacement l’épargne vers l’économie réelle et la possibilité d’ouvrir les crédits entre les entreprises pour drainer les excédents de trésorerie des plus grandes vers les plus petites. Ces dispositions ont été adoptées ainsi que d’autres propositions pour améliorer les processus de garantie publique à l’exportation. Tant mieux, les entreprises ont besoin d’être soutenues. Et il faut reconnaître que la loi ainsi modifiée va plutôt dans le bon sens.

Mais, c’est sur la méthode que ce texte a été le plus innovant.

Il faut reconnaître au ministre son pragmatisme et son ouverture à la coproduction. A plusieurs reprises, les échanges que nous avions, ressemblaient plus à une négociation d’entrepreneurs – technique et argumentée, avec le souci de l’efficacité – qu’à la recherche d’un compromis bancal ou à une guerre de position politicienne trop souvent contreproductive.

Les résultats sont loin de ceux que nous aurions espérés mais ils sont là. Plusieurs articles permettront d’accélérer, de simplifier ou d’adapter des procédures à un contexte économique qui évolue. Et, à ceux qui regrettent cette insuffisance d’audace, j’opposerai l’adage, « ce qui est pris n’est plus à prendre ».

Je suis profondément convaincu que nous ne construirons une perspective d’avenir qu’en mettant notre énergie et nos talents à bâtir des ponts plutôt qu’à creuser des fossés. Cela n’enlève rien à ma grande détermination à vouloir développer une autre politique. Mais il faut être constructif quand cela le mérite, et aller dans le sens du mouvement de réconciliation auquel les Français aspirent.

C’est la raison pour laquelle je voterai pour ce texte.

Loi Macron : Oui mais … !

Le projet de loi sur la croissance et l’activité mérite encore des améliorations.

Ce n’est malheureusement pas « la loi du siècle », mais elle peut permettre de débloquer des situations dans différents domaines. Elle est aussi un « laboratoire politique » sur notre capacité à travailler sur l’efficacité des mesures plutôt que de camper sur les postures de principe.

Saisissons cette opportunité …

Au cours de la Commission spéciale j’ai mis la priorité sur quelques points :

Faire une véritable réforme du permis de conduire en externalisant l’épreuve pratique du permis B afin de résoudre durablement les problèmes graves de délais et de coûts. Cette mesure faciliterait la vie de millions de Français ; elle permettrait également de mobiliser davantage les Inspecteurs sur les missions de prévention et de contrôle pour renforcer la sécurité.

Ouvrir des Bourses régionales dans les grandes métropoles françaises afin de financer le développement des entreprises et des infrastructures régionales. Cette perspective serait très positive pour le développement des entreprises et pour la croissance. Nos régions pourraient jouer un rôle essentiel pour rapprocher les épargnants des entreprises de leurs territoires. La mobilisation de l’épargne régionale permettrait de stimuler très fortement les investissements productifs créateurs d’emplois.

Autoriser les crédits inter-entreprises pour répondre aux difficultés de financement de trésorerie des PME. Cette nouvelle disposition autoriserait les entreprises liées par une relation commerciale à s’accorder des prêts de trésorerie d’une durée inférieure à deux ans. Cela permettrait d’éviter de nombreuses défaillances d’entreprises dues à des difficultés de trésorerie alors même que les carnets de commande sont pleins. Les banques rechignent de plus en plus à accorder ce type de prêts, faiblement rémunérateurs, alors qu’ils sont nécessaires pour la santé de notre économie. Je suis convaincu que la relation de confiance client-fournisseur pourrait dans de nombreux cas résoudre ce problème.

Ouvrir le capital des Grands ports maritimes français afin d’investir dans le développement et la modernisation de ces pôles stratégiques. L’activité des ports appelle des investissements importants de la part de l’Etat. Or depuis plusieurs années les crédits sont insuffisants et les ports français perdent des parts de marché. Rotterdam et Anvers sont devenus les premiers ports français. Nos performances industrielles dépendent en grande partie de notre capacité à connecter l’ensemble de nos territoires avec le reste du monde et de faire de notre façade maritime un atout pour la France.

Développer les contrats d’intéressement dans les entreprises ouvertes le dimanche. Le débat sur la compensation du travail du dimanche est compliqué compte tenu des approches très divergentes sur ce sujet. La proposition vise à systématiser les contrats d’intéressement dans les entreprises concernées en intégrant dans la formule de calcul une surpondération pour ceux qui travaillent le dimanche. Cette mesure permettrait d’introduire une légitime compensation calculée sur la valeur ajoutée effectivement réalisée.

Plusieurs de ces dispositions pourraient être adoptées. La réforme du permis de conduire a généré un vote à égalité au cours de la commission spéciale. Le ministre a émis un avis favorable sur la création de nouvelles bourses régionales et d’autres échanges, plutôt encourageants, pourraient faire évoluer ma position vers un vote favorable . A suivre …

Jean-Christophe Fromantin (UDI) propose à Emmanuel Macron de lever le monopole bancaire, de créer des bourses régionales et de faire une véritable réforme du permis de conduire

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Lors de la rencontre, vendredi 9 janvier, des Députés UDI, membres de la commission spéciale, avec le Ministre de l’Economie, le Député des Hauts-de-Seine, Jean-Christophe Fromantin, qui a déposé une quarantaine d’amendements, a défendu une série de dispositions audacieuses axées sur le financement des entreprises mais aussi sur le sujet sensible du permis de conduire. « Je suis resté dans l’épure et dans l’esprit du texte qui vise à déverrouiller, à simplifier des dispositifs ou à neutraliser des rentes de situation pour plus de croissance (…) les échanges ont été ouverts et constructifs » s’est félicité le Député des Hauts-de-Seine.

Le Député propose la levée du monopole bancaire et l’ouverture de bourses régionales pour améliorer l’accès au crédit et aux capitaux

Jean-Christophe Fromantin a notamment soumis au ministre deux articles additionnels particulièrement innovants pour favoriser le financement et l’investissement des entreprises. «J’ai proposé la levée du monopole bancaire sur les prêts aux entreprises pour ouvrir le crédit inter-entreprises et favoriser les financements de court terme qui sont à la base de nombreuses défaillances de PME (…) J’ai également proposé la création de bourses régionales pour promouvoir l’investissement dans nos territoires et tirer un meilleur avantage de la masse d’épargne disponible » indique le Député qui a reçu un bon accueil sur ces deux dispositions. D’autres propositions ont été présentées au ministre pour développer davantage l’épargne salariale et simplifier les procédures d’exportation.

Jean-Christophe Fromantin veut également aller plus loin sur le permis de conduire et ouvrir l’épreuve pratique du permis B aux organismes certificateurs.

Au cours de l’entretien le Député a également présenté deux amendements visant à faire une véritable réforme du permis de conduire. « L’externalisation de l’épreuve du permis poids lourd et du code ne règleront pas le principal problème qui, pour beaucoup de Français, reste celle de l’épreuve pratique du permis B ». Jean-Christophe Fromantin qui a beaucoup travaillé sur ce sujet propose de confier l’épreuve pratique à des organismes certificateurs agréés – comme cela se fait pour le contrôle technique automobile –. « C’est la seule solution pour garantir le meilleur niveau de sécurité, fluidifier le système dans toute la France et baisser significativement les coûts (…) Cette réforme est très attendue par les Français qui verraient là un véritable effet concret de la loi Macron » ajoute le Député.

Bonne année 2015

« Français réconcilions-nous pour servir » disait Antoine de Saint-Exupéry en 1942. Cet appel à la réconciliation au service de la France devrait tous nous inspirer en ce début d’année. Bien que, heureusement, nous ne soyons pas dans une situation aussi grave que celle de cette époque, la France traverse néanmoins une crise de fin de cycle qui s’est transformée en véritable crise de confiance. Nous sommes tous interpellés sur deux grands défis : celui de notre modèle de société et celui de notre projet pour la France. Depuis les années 2000, alors que les déficits publics repartaient à la hausse, la France n’a jamais véritablement pris la mesure des évolutions en cours ; elle n’a, par conséquence, entamé, aucune des grandes réformes de structure de nature à relancer son développement : L’activité industrielle a diminué, le chômage a progressé, les dépenses publiques ont explosé et la balance commerciale a enregistré des déficits indécents. La France ne s’est pas non plus véritablement interrogée sur sa place dans le monde, ni sur le sens de sa politique étrangère : L’immigration, la relation franco-allemande, la coopération avec l’Afrique et d’autres sujets tout aussi stratégiques souffrent de positions erratiques, parfois même antagonistes. La France doute ; elle a perdu confiance en elle. En s’abstenant aux élections ou en choisissant des partis extrémistes, les Français semblent majoritairement hésiter entre résignation et réaction. Quand ils sont près de 90% à remettre en cause la capacité des « politiques » à relever ces défis du XXIème siècle, ils constatent eux-mêmes l’atonie d’un système et le blocage de la société.

J’émets le vœu que l’année 2015 amorce la fin de cette spirale infernale ; que nous soyons le plus nombreux possible à nous engager pour prendre notre part de responsabilité au service de nos territoires et de la France ; que nous le fassions dans un esprit de service ; que nous travaillions collectivement, bien au delà des partis politiques, sur l’avenir de notre pays ; que nous passions d’une logique de posture à une dynamique de projet ; que nous retrouvions espoir et courage ; et qu’à nouveau la France rayonne par ses valeurs, ses talents et ses atouts. Bonne année 2015 

« Il faut d’urgence changer le modèle » L’évolution du chômage, la dégradation de notre balance commerciale et le nouveau seuil de dette sont les signaux avancés d’une fin de cycle

On ne peut plus se satisfaire, ni se résigner, à commenter semaine après semaine, année après année, les évolutions du chômage, la persistance des déficits et l’amplification de la dette. « La France est embarquée dans un cycle infernal de baisse de la productivité de faible compétitivité, de détérioration de son potentiel croissance et de dégradation de ses parts de marché à l’international » s’alarme le Député UDI des Hauts-de-Seine.

L’actualité de cette fin d’année confirme ces inquiétudes : le potentiel de croissance est inférieur à 1%, l’évolution de la productivité n’est que de 0,7%, la prévision de déficit commercial (hors énergie) est estimé pour 2014 à 19 milliards, la dette atteint 95% du PIB et le chômage continue de progresser. « Rarement les courbes des données économiques ont été aussi convergentes et autant destructrices de valeurs pour la France ».

Tous ces indicateurs sont liés et il est temps pour nous d’accepter l’existence d’un nouvel environnement économique et concurrentiel qui appelle d’urgence un changement de modèle. « Le retard que nous prenons est une bombe à retardement pour nos enfants et petits-enfants (…) nous sommes en train de les priver des marges de manœuvre nécessaires à l’adaptation de la France au nouveau monde » s’inquiète Jean-Christophe Fromantin.

« Les mesures de redressement sont pourtant connues » martèle une fois de plus le Député. La France doit stimuler sa croissance par un puissant cycle d’innovation qui lui permettra de restaurer sa productivité et sa compétitivité à l’international. Ce nouveau modèle appelle trois familles de réformes majeures dans les domaines 1) de la fiscalité, pour relancer l’investissement productif, 2) du modèle social, pour baisser le coût du travail, simplifier son organisation et améliorer la formation, et 3) de l’organisation de l’Etat et de la gouvernance territoriale, pour alléger le fardeau de la dépense publique qui pèse sur l’ensemble du système économique et social de la France.

« Ces nouveaux chiffres trahissent une fois de plus un manque de courage à réformer qui est incompatible avec l’éthique de responsabilité qui devrait inspirer l’engagement politique de chacun d’entre nous » déclare Jean-Christophe Fromantin

 

Merci Jacques Barrot

 

 

La disparition brutale de Jacques Barrot est une grande perte pour la vie politique et pour ce mouvement hérité de la démocratie- chrétienne dont il fut une des figures emblématiques. C’était un homme de conviction. Dans un essai auquel il avait participé en 2012 « De l’indignation à l’engagement » (Ed. Cerf) il rappelait : « Je me suis efforcé de faire de la politique sans perdre de vue les exigences d’une action inspirée par l’Evangile ». Quelques lignes avant, citant son père Noël Barrot, de qui il tenait son engagement politique, il évoquait « sa conscience morale exigeante (qui) le mettait à l’abri des certitudes partisanes, celles qui nuisent à la liberté de penser et à la lucidité ». C’était un homme libre. J’avais une grande estime pour Jacques Barrot. J’ai fait sa connaissance quelques années après mon élection à la mairie de Neuilly. Nous avons eu de longues conversations et il m’encourageait à partager cet « humanisme authentique » qui est la marque d’un engagement politique. Il m’a soutenu avec Nicole Fontaine lorsque je me suis présenté à la présidence de l’UDI. Sa feuille de route était pleine d’espérance « Il n’est jamais trop tard pour entreprendre les réformes qui conduiront à des progrès majeurs pour la société » disait-il. « Une conscience chrétienne ne peut pas rester indifférente et passive face à ces chantiers qui attendent des ouvriers convaincus et ardents : celui du développement à l’encontre de tous les malthusianismes et les protectionnismes ; celui de la lutte contre les inégalités ; celui de l’éradication de la violence sous toutes ses formes ; celui du combat pour la vie et la planète ; celui de l’accès pour tous au savoir et à la culture ; celui de la redécouverte des communautés humaines à travers la famille, les entreprises, les collectivités, qui seules peuvent permettre de lutter contre la solitude ; celui, majeur, du dépassement des souverainismes nationaux pour construire une Europe, modèle pour l’organisation du monde ». Jacques Barrot était un homme engagé. Merci Jacques.

« Oui la France va déposer sa candidature à l’Exposition Universelle de 2025 »

« Oui la France va déposer sa candidature à l’Exposition universelle de 2025 » a déclaré ce soir le Président de la République, lors de son intervention télévisée « En direct devant les Français ». Cette annonce intervient à la suite de la remise du rapport que nous avons remis la semaine passée à Claude BARTOLONE avec Bruno LE ROUX, Rapporteur de la mission. Dans notre rapport adopté à l’unanimité,  nous avons fait 15 recommandations, dont la première était l’officialisation de la candidature française par le Président de la République. Elle intervient également suite à la mobilisation et à l’impulsion de nombreuses entreprises au sein de l’association EXPOFRANCE 2025

Cette annonce du Président de la République confirme l’intuition et l’audace de ceux qui travaillent avec moi depuis trois ans sur cette grande ambition pour la France. Elle vient récompenser la puissante dynamique créée par les 22 grandes entreprises et les dizaines de PME partenaires, ainsi que par la cinquantaine d’organisations et d’institutions politiques, académiques, économiques, sociales, professionnelles et associatives qui ont rejoint le projet depuis le lancement officiel d’EXPOFRANCE 2025 il y a 18 mois. Merci à tous ceux qui m’ont fait confiance et bravo à l’équipe EXPOFRANCE 2025.

Taxation des dividendes : le nouveau taux de 75% qui fait réagir les entrepreneurs …

Un rapide calcul de ce que représente réellement le prélèvement sur les dividendes pour les entrepreneurs / actionnaires majoritaires de SA et SAS conduit à ce chiffre aberrant de 75% !

En effet, sur la base d’un bénéfice de 100 réalisé par une entreprise, on aura la « soustraction » suivante :

1) base de calcul après prélèvement de l’IS = 65

2) somme des prélèvements sur le bénéficiaire : cotisations sociales (nouveau) + impôt marginal + CSG/CRDS + contribution sur haut revenu = 39,03

3) reste à distribuer, net de tout impôt = 25,9 … !

« Comment peut-on imaginer avoir en France des entreprises de croissance et des entrepreneurs encouragés à investir, à prendre des risques et à développer, avec un tel taux de prélèvement ? » s’alarme Jean-Christophe Fromantin, Député-maire de Neuilly.

« J’espère que le Gouvernement sera cohérent avec les positions prises récemment par le Premier ministre de reconsidérer l’entreprise comme facteur de prospérité » déclare Jean-Christophe Fromantin.

Notons par ailleurs un autre piège de cette nouvelle disposition qui consiste à appliquer les cotisations à tous les dividendes perçus par le cercle familial : si le mandataire social ne détient seul que 10% et que son épouse détient 50%, non seulement les dividendes qu’il percevra donneront prise aux cotisations sociales mais également ceux que percevra son épouse …

A suivre !

Une alliance d’appareil UDI-UMP n’aurait aucun sens

Réagissant à l’information sur un axe Sarkozy-Borloo, Jean-Christophe Fromantin, candidat à la présidence de l’UDI dénonce l’idée d’un rapprochement des appareils UDI et UMP pour former une nouvelle alliance. Il était déjà le seul, il y a moins d’un an, à contester une alliance d’appareil avec le MODEM – dans le cadre de l’Alternative – que tous les autres candidats s’étaient empressés de promouvoir.

« Les Français sont las d’un jeu perpétuel d’alliance qui fonctionne comme une pièce de théâtre dont on changerait les décors et les costumes sans jamais remettre en cause ni les textes, ni les acteurs (…) la France a besoin d’une nouvelle dynamique politique, avec un regard neuf, une éthique de responsabilité, une vision, un projet et surtout une équipe qui aura le courage de faire les réformes de structure que nous avons trop tardé à lancer » rappelle le Député des Hauts-de-Seine.

En campagne cette semaine à Nîmes, Bordeaux, Agen, Toulouse et Lons-le-Saulnier, Jean-Christophe Fromantin prône une UDI indépendante et innovante.

Arnaud Montebourg se trompe !

Dans sa persistance à combattre l’austérité jusqu’à récuser la trajectoire de stabilité dans laquelle la France est engagée, l’ex-ministre de l’économie fait trois erreurs majeures :

  • La première est celle qui consiste à penser que l’équité fiscale mériterait une meilleure répartition des efforts entre les entreprises et les ménages. Car, comme le défend très bien Jean Arthuis, chaque coût supplémentaire pour les entreprises se répercute immédiatement sur les prix des produits et finit par être payé par les ménages avec, au passage, une ponction de TVA.
  • La deuxième est celle qui consiste à relativiser la nécessité d’assainir nos dépenses publiques. Et de citer Christine Lagarde, qui ne dit d’ailleurs pas que la France doit renoncer à la maîtrise de ses déficits mais que l’Allemagne ne doit pas en rajouter en termes d’austérité. Le problème de la France est d’abord celui du poids de sa dette et du rythme de ses déficits, qui en atteignant de tels niveaux, pèsent à la fois sur les marges des entreprises et sur le revenu net des ménages. La seule politique possible est bien celle de la maîtrise des finances publiques qui permettra d’alléger progressivement les formes actuelles de compensation et de pression fiscale.
  • Enfin, la troisième erreur est celle qui laisse à penser que le soutien de la demande serait un vecteur de croissance. Avec plus de 60 milliards de déficit commercial, il est facile de comprendre qu’une politique de soutien de la demande est d’abord une politique de relance des importations.

Nous devons aussi comprendre que l’excès d’imprudence de la France dans le respect de ses engagements n’est sans doute pas neutre dans l’excès de prudence de l’Allemagne …

Le risque déflationniste appelle une thérapie d’urgence

COMMUNIQUE DE PRESSE

« Il n’existe qu’une voie pour s’extraire de l’impasse économique, et on la connaît, mais on n’a pas le courage de l’appliquer » dénonce le Député UDI des Hauts-de-Seine, Jean-Christophe Fromantin.

Avec un déficit chronique à 4%, une dette de près de 2000 milliards et un risque déflationniste, la France est pour la première fois dans une sérieuse impasse.

En renonçant, de fait, à la trajectoire de stabilité dans laquelle elle est engagée, elle risque à la fois de détériorer la qualité de sa signature et de tendre ses relations avec l’Allemagne. Ces deux paramètres risquent de peser lourdement sur la soutenabilité de la dette.

« On ne doit pas s’étonner de la réponse cinglante, rapide et agacée des allemands qui nous ont renvoyés à nos responsabilités et à l’urgence des réformes » souligne le Député.

Par ailleurs, le rythme de la croissance, au delà de son impact direct sur l’emploi, va remettre en cause les hypothèses de recettes nécessaires au financement du pacte de responsabilité.

Aucun élément objectif ne permet d’imaginer une reprise à court ou moyen terme, car ni les leviers d’investissements, ni une baisse drastique des prélèvements obligatoires et de la fiscalité ne sont possibles dans un tel contexte.

« Et quand le Président mise sur la relance grâce à une reprise en Europe ou dans le reste du monde ; il ne prend pas en compte la dégradation continue des parts de marché de la France qui nous rend de moins en moins sensibles à la reprise d’autres pays (…) les derniers chiffres du commerce extérieur confirment une fois encore l’atonie de nos exportations » rappelle le Député.

La relance de l’économie française et de l’emploi passe par une stratégie de retournement, avec deux orientations majeures : un plan de redynamisation de l’économie, axé à la fois sur les investissements d’avenir et sur la baisse du coût du travail ; et une politique très volontariste de diminution de la dépense publique, avec une réorganisation de nos services publics et une reconfiguration des interventions de l’Etat-providence.

« Cette stratégie d’augmentation des recettes et de baisse des dépenses n’est possible que dans le cadre d’un nouveau projet politique qu’il faudra, d’une manière ou d’une autre, proposer aux Français » conclut le Député.

Invité de Sud Radio

Invité politique de Christophe Bordet sur Sud Radio ce matin (6 août), Jean-Christophe Fromantin, Député-maire de Neuilly-sur-Seine a répondu,

A la question sur le retour de Nicolas Sarkozy : « Je ne crois plus aux hommes providentiels, quels qu’ils soient, les difficultés de la France appellent d’abord un projet et une équipe (…) j’en ai assez des jeux d’acteurs qui tiennent la France en haleine en jouant la même pièce depuis des années, l’heure n’est plus au changement de décors ou de costumes, ce sont les textes et les acteurs qui doivent changer »

A la question sur la situation économique : « La France est dans une impasse, soit elle respecte le Pacte de stabilité, soit elle s’en affranchit. Dans le premier cas, faute de réformes de structure, elle continuera à passer des coup de rabots au risque de générer une nouvelle phase récessive ; dans l’autre elle va entamer une fois de plus la confiance de ses partenaires en montrant son incapacité à respecter ses engagements. C’est notre politique qu’il faut changer, avant celle des autres »

A la question sur le soutien demandé par la France à l’Allemagne : « il faut comprendre que ce type d’appel est de plus en plus vain car la France, depuis plusieurs années, perd des parts de marché dans le zone Euro et même si l’Allemagne répond à l’appel en relançant ses importations, les entreprises françaises en profiteront de moins en moins (…) il faut plutôt s’interroger sur la pertinence de notre projet économique »

A la question sur le conflit Israélo-palestinien : « Je déplore que la diplomatie n’ait pas su intervenir plus en amont (…) nous devons profiter de cet arrêt des hostilités pour obtenir la démilitarisation de la bande de Gaza et organiser les conditions d’un retour durable à la paix »

Réforme territoriale : nous voterons « contre » mais …

 

Difficile de voter « pour » la réforme territoriale et, en particulier, pour le projet de loi délimitant les régions. En posant le sujet via une carte administrative, plutôt que de le traiter en termes d’objectifs, de développement et d’orientations pour l’avenir, le Gouvernement a empêché une approche nouvelle de l’organisation territoriale française. Ainsi, le débat s’est focalisé pendant plusieurs dizaines d’heures sur les cas particuliers de la Loire-Atlantique, de l’Alsace ou de la Picardie, au lieu de porter sur les principes structurants qui feront la France de demain.

« On a discuté de la carte et pas des territoires ! » déplore Jean-Christophe Fromantin, député des Hauts-de-Seine.

L’aménagement stratégique de nos territoires, la réorganisation de l’Etat, l’articulation entre les métropoles et les villes moyennes, ainsi que la solidarité avec les territoires ruraux auront malheureusement été les grands absents de ce débat. Alors qu’ils sont justement les sujets socles à même de configurer la France vers une nouvelle perspective de développement et d’emploi et de lui permettre de retrouver les équilibres vers lesquels elle doit tendre.
« Une réforme territoriale ne peut se faire sans préserver la cohérence territoriale et l’échelon de proximité, indispensables pour préserver la confiance » ajoute Philippe Folliot, député du Tarn.

La carte, telle qu’elle ressort de l’article premier du projet de loi, ne permettra pas d’économies. Au contraire, elle va générer d’importantes dissymétries territoriales que l’Etat devra compenser pendant de longues années, freinant d’autant le renouveau de la croissance.

« Le débat est lancé et, de ce point de vue, un progrès a été fait. Qui parlait des territoires, il y a encore six mois ? En ouvrant le dossier de la réforme territoriale, le Gouvernement a brisé un tabou » reconnaissent les députés. « Il nous appartient maintenant de faire des propositions, de corriger les erreurs et de mettre notre énergie au service du débat de fond » poursuivent-ils.

Jean-Christophe FROMANTIN, député des Hauts-de-Seine, Thierry BENOÎT, député d’Ille-et-Vilaine, Yannick FAVENNEC, député de Mayenne, Philippe FOLLIOT, député du Tarn, François ROCHEBLOINE, député de la Loire et François SAUVADET, député de Côte-d’Or.

Ne laissons pas gagner la haine !

 

A Paris comme à Mossoul, des Juifs et des Chrétiens sont haïs et menacés à cause de leur appartenance religieuse. Et, dans l’un et l’autre cas, l’indignation cède progressivement sa place à la résignation, faisant craindre une banalisation de ce qui relève d’actes de haine contre l’humanité toute entière. A Paris on crie « mort aux juifs », à Mossoul on marque de la lettre « N » les maisons des Chrétiens et à Gaza des civils servent de boucliers humains. On commence par insulter en toute impunité et on laisse mourir dans l’indifférence.

Comment notre humanité en est-elle arrivée là ? N’a t-elle pas connu suffisamment de crimes, de guerres et de terreurs pour se lever contre ceux qui véhiculent cette haine ? Sommes-nous à ce point anesthésiés pour ne plus nous mobiliser contre l’activisme antireligieux de quelques fous ?

Réveillons-nous !

Car chacun a un rôle à jouer pour éviter la spirale de la violence et retrouver la paix. De la tolérance à la diplomatie, l’éventail est suffisamment large pour permettre à tous d’agir pour la réconciliation. C’est avant tout notre responsabilité que d’exprimer, là où nous sommes, notre refus de toute forme de discrimination. Et, si le respect de l’autre, le dialogue inter-religieux et la mise en place d’une laïcité ouverte aux expressions religieuses sont la toile de fond qui structure le vivre ensemble, l’Etat doit être le garant de cet équilibre. Il doit faire preuve de la plus grande autorité dès que les libertés religieuses sont menacées, dès que l’antisémitisme pointe ou dès que le racisme s’invite dans les relations sociales. Il ne doit pas laisser crier « mort aux juifs » dans les rues de Paris, sous aucun prétexte. Il ne doit pas laisser sans voix sa diplomatie quand des Chrétiens sont menacés en Irak. Il doit se mettre au service de la paix au Proche-Orient, allant jusqu’à l’implication personnelle et sans relâche de son Président.

Dans la torpeur de l’été, le risque est grand que la dignité et la vie d’hommes, de femmes et d’enfants ne soient que des faits d’actualité. Il nous appartient d’en faire ces causes qui donnent à notre engagement son sens et sa vérité.

Jean-Christophe Fromantin, Député des Hauts-de-Seine

Vice-président des Groupes d’amitiés parlementaires France-Israël et France-Liban

Les surprenantes contradictions de la politique économique du Président Hollande

Mon Communiqué suite à son allocution télévisée du 14 juillet 

Le Président de la République est vraiment surprenant quand il martèle que la France est « sortie de la crise » alors que des chiffres récents montrent que notre désindustrialisation est de plus en plus inquiétante, que nos parts de marché s’écroulent et que le chômage continue sa hausse. La crise de la zone Euro est certes maîtrisée mais il n’en demeure pas moins que le modèle français est bien en crise et qu’il est de son devoir de le ré-interpeller. Malheureusement, son discours se limite au Pacte de Responsabilité – qu’il cite à toutes les phrases – et qui ne résoudra pas cette crise structurelle du modèle français.

Il est également très surprenant qu’il n’ait pas clarifié au cours de cet entretien sa position entre la doctrine du Pacte de stabilité, qu’il porte, et qui vise à affecter la majeure partie des 50 milliards d’économie à la réduction des déficits, et celle, énoncée par son ministre de l’Économie et du Redressement productif, qui a annoncé cette semaine une autre répartition, celle des trois tiers. Il aurait du expliquer les raisons de cette évolution, d’autant qu’il a ajouté suivre Mattéo Renzi dans une demande de politique de croissance en Europe.
On peut aujourd’hui légitimement s’interroger sur sa réelle intention à respecter la trajectoire de réduction des déficits sur laquelle la France est engagée. Le Président doit comprendre que la crise de la zone Euro ne sera maitrisée durablement que si les engagements de déficit sont respectés !
Surprenant encore, quand il annonce des Assises de l’Investissement, quand on sait que la confiance avec les entreprises reste très fragile, que leurs marges d’investissement ne s’améliorent pas et qu’en réduisant de 11 milliards la dotation aux collectivités locales il touche au premier levier de l’investissement en France (qui représente 70% de l’investissement public).
Surprenant enfin, quand il s’approprie les faibles taux d’intérêt dont bénéficie la France alors qu’on sait qu’ils sont dus à d’autres facteurs comme la solidité de l’Euro et le trou d’air des pays émergents.
Notre politique économique manque cruellement de cohérence et de constance et le Président devra rapidement clarifier sa position sur le Pacte de stabilité car c’est le crédit de la France qui risque d’être sérieusement mis en défaut.