Pour ceux qui préfèrent leur commune aux partis …

Mon parti c’est ma ville !

COMMUNIQUE

Juin 2019

Jean-Christophe Fromantin lance un appel aux maires et aux candidats libres en vue des municipales de 2020

Dans la perspective des élections municipales de 2020, Jean-Christophe Fromantin, Maire indépendant de Neuilly-sur-Seine, lance le label « Mon parti c’est ma ville !» et invite tous ceux dont leur commune est leur priorité à exprimer leur liberté et leur détermination à agir.

« Le maire est l’élu qui cristallise la confiance des Français. Il est le socle de notre démocratie et du pacte de confiance nécessaire à la bonne marche du pays. Face aux crises que nous traversons, la liberté des candidats sera un signal fort vis à vis des Français. Dans l’intérêt de nos communes, nous devons rassembler autour d’un projet ; nous devons montrer le sens premier de notre engagement ; nous devons répéter que nous sommes libres de tout calcul, de toutes allégeances ou contingences politiciennes et que les listes que nous formerons, ou auxquelles nous participerons, seront davantage inspirées par les talents et la disponibilité des candidats que par des concessions faites aux formations politiques nationales » déclare Jean-Christophe Fromantin

Le label « Mon parti c’est ma ville ! » sera accessible par tous les candidats, affranchis de toute appartenance et de toute négociation avec un parti politique national. Il suppose l’adhésion à une Charte qui énumérera quelques principes simples d’indépendance, de compétence, d’attachement à la libre administration des communes et de défense d’un aménagement du territoire équilibré, durable et équitable.

« Alors que élus municipaux agrègent le mieux la confiance des Français et que les partis politiques sont au dernier rang du baromètre de la confiance (cf. Baromètres CEVIPOF 2018 : 9% de confiance pour les partis politiques !), il semble plus que jamais nécessaire que le prochain scrutin municipal ne soit pas un enjeu de pouvoir à la main des partis mais l’expression sincère des Français sur l’avenir de leurs communes et de leur quotidien » rappelle le maire de Neuilly qui plaide depuis plusieurs années pour un renouveau politique depuis les territoires.

Le lancement officiel du Label « Mon parti c’est ma ville » est prévu en octobre prochain

Informations : contact@territoiresenmouvement.com

Contact presse : 0645166897

 Eléments introductifs de la Charte :

  • Chaque élection municipale est une chance pour fédérer les citoyens autour d’un projet pour leur ville ou leur village. Ce scrutin est celui de la proximité, du pragmatisme et du dialogue. Il ne participe des enjeux de politique nationale que pour défendre l’avenir et la prospérité de chaque territoire. Il échappe aux calculs d’intérêts des partis, aux carrières politiques ou aux tactiques personnelles. L’élection municipale est le socle de la confiance et de la démocratie.
  • A l’heure des choix pour notre vie quotidienne, les candidats aux élections municipales doivent faire preuve d’une grande indépendance d’esprit et d’une totale liberté d’action. Chaque ville suffit à justifier nos convictions et appelle plus que jamais notre complète détermination au service des Français.
  • Nous sommes plus que jamais attachés au principe constitutionnel de libre administration des communes. Nous défendons un aménagement du territoire équilibré, équitable et durable. Nous considérons que chaque territoire est une chance pour tout le pays.
  • Les crises que nous traversons montrent l’urgence d’exprimer cette liberté et de construire dans chaque ville les liens authentiques de proximité et de confiance dont la France a besoin.

La Charte d’engagement des candidats sera orientée dans 5 directions :

  • Promouvoir des valeurs démocratiques, de transparence et d’indépendance
  • Proposer un projet adapté aux enjeux de la commune et œuvrant pour un développement juste et prospère
  • Faire de la qualité de l’environnement et de la promotion du patrimoine matériel et immatériel de la commune, des priorités pour consolider ses atouts
  • Constituer une équipe dont les compétences, la disponibilité et la liberté seront les principaux critères
  • Défendre une vision redistribuée et mieux équilibrée de la France et de ses territoires.

BIO et parcours politique

Jean-Christophe FROMANTIN : « nos territoires sont le vecteur grâce auquel nous recréerons une société de confiance »

Chef d’entreprise dans le domaine du commerce international, Jean-Christophe FROMANTIN a été élu Maire de Neuilly-sur-Seine en 2008, bousculant le jeu politique, et réélu avec 67% des voix dès le 1er tour en 2014, sans jamais appartenir à aucun parti politique. En 2011 il a été élu Conseiller départemental des Hauts-de-Seine et en 2012, Député de la 6ème circonscription des Hauts-de-Seine, toujours « sans étiquette ». Il a été un des créateurs d’un groupe indépendant à l’Assemblée nationale (UDI) puis en est sorti en 2015 pour siéger comme non-inscrit. Il revendique cette indépendance. Il est convaincu depuis 2008 de la fin des partis politiques que l’absence de vision et les difficultés à défendre des valeurs ont transformé en communautés d’intérêt. « Ils ne sont plus le vecteur pour le projet de société dont la France a besoin »

Auteur de nombreux ouvrages, Jean-Christophe FROMANTIN a beaucoup travaillé sur un renouveau politique à partir des territoires, indispensable pour recréer une « société de confiance ». Il plaide pour une redistribution plus harmonieuse de la France entre les villes moyennes et les métropoles. Il défend une revitalisation économique de la France à partir des avantages comparatifs que recèle la diversité culturelle et géographique du pays. Il défend un projet social autour des villes moyennes comme pivot : « elles offrent toute la palette des solutions pour le logement, le travail et l’épanouissement de chacun »

Porteur et promoteur de la candidature de la France pour une Exposition universelle, il anime aujourd’hui une réflexion à l’échelle internationale sur les valeurs et enjeux universels du monde.

Quand l’Europe convoque la culture pour donner un socle à son destin

A quelques jours du scrutin européen, n’oublions pas l’essentiel.

Les élections du 26 mai risquent d’être marquée, une fois encore, par l’indifférence des Français. A la question : « par qui souhaitez-vous être représentés au Parlement européen ? » beaucoup éluderont en prétextant une [légitime mais dangereuse] résignation. «Légitime », car sans les excuser de manquer à leur devoir, on peut comprendre leurs déceptions voire leurs colères vis à vis de la classe politique ; mais « dangereuse », car la résignation épuise la confiance et entame progressivement l’équilibre du contrat politique.

Alors, essayons de répondre à la question en s’intéressant aux personnes – n’est-ce pas l’essentiel quant on évoque la confiance ? –. Sortons du jeu suranné des partis pour focaliser notre attention sur les personnalités dont la probabilité est forte qu’elles siègent au Parlement européen. Deux d’entre-elles parmi les têtes de listes « européennes » iront quoiqu’il arrive à Strasbourg : Nathalie Loiseau et François-Xavier Bellamy. Si leurs capacités d’action seront sérieusement tempérées – à la fois par les pouvoirs limités que les Institutions européennes donnent au Parlement et par l’influence des groupes qu’ils rejoindront – ils incarnent, l’un et l’autre, une voix, des idées et un projet. C’est ce qui doit nous intéresser puisque l’Europe est aujourd’hui interpellée jusqu’à sa raison d’être. C’est à cela que nous devons réagir. Car, si Nathalie Loiseau et François-Xavier Bellamy, comme beaucoup d’entre nous, conviennent des enjeux contemporains auxquels le monde est confronté, de la reconnaissance des Traités existants et d’une politique européenne pour y répondre, ils se différencient d’abord par l’ambition et par le sens. Or, au questionnement sur sa raison d’être, l’Europe ne peut s’arrêter à des réponses circonstancielles ou conjoncturelles. Elle doit convoquer son histoire et son destin. Et, de ce point de vue les deux ouvrages de François-Xavier Bellamy – Les Déshérités et Demeures – offrent une contribution essentielle. Ils inscrivent l’Europe dans une culture qui forge à la fois notre sentiment d’appartenance et notre avenir. Car la raison d’être de l’Europe n’est pas seulement d’exister face à la Chine ou aux USA, mais de consolider et de transmettre sa conception de la liberté. Tous les défis européens – en particulier la paix et la prospérité mais aussi notre attachement à la dignité de la personne humaine – procèdent de cette valeur centrale. C’est bien notre conception de la liberté qui donne un sens au développement durable, à la lutte contre les économies prédatrices, à la question de l’immigration, au combat pour les droits de l’Homme ou à la diversité culturelle. Dans ses deux Essais François-Xavier Bellamy s’engage sur ces principes-socles. Son approche participe d’une ambition européenne dont la France a besoin dès lors qu’elle rappelle son attachement à la liberté : n’est-ce pas aujourd’hui la priorité ?

Replanter des cèdres au Liban

J’étais à Bécharré vendredi 3 mai dans les montagnes du nord-Liban pour soutenir le programme de replantation de 1 million de cèdres. Une formidable initiative, pleine de sens qui redonne à ces belles montagnes du Mont Liban une perspective nouvelle. La communauté libanaise de Neuilly soutient ce projet et participe à son financement.

L’urgence d’un nouveau modèle de société

Les crises sociales ou économiques qui se multiplient pointent l’obsolescence d’un modèle de société issu de la révolution industrielle. L’heure n’est plus à la concentration urbaine, ni à l’hyper-concentration – qui nous est pourtant vendue comme la grande modernité du XXIème siècle (sic). Ce modèle montre ses limites dans tous les domaines, social, économique, culturel ou environnemental ; il ne caractérise plus le progrès mais plutôt un asservissement que les technologies amplifieront si nous persistons. L’isolement, les difficultés à se loger, la destruction du tissu industriel, la sur-valorisation de l’économie financière, le nivellement culturel ou les îlots de chaleurs sont les marqueurs incontestables de cette fin de cycle.

L’urgence est de promouvoir un nouveau modèle – redistribué – où chacun pourra vivre là où il le souhaite; où le logement ne sera plus contraint par l’injonction métropolitaine; où nous pourrons mieux tirer parti économiquement (et en terme d’emploi) du patrimoine dont nous sommes les dépositaires; où la qualité de l’environnement sera une chance plutôt qu’une charge … Les technologies sont la clé de ce nouveau modèle ; elles nous permettront progressivement d’accéder, quelque-soit l’endroit où nous vivons, à ce que la ville était jusqu’à présent la seule à pouvoir nous offrir. L’accès à la connaissance – mais aussi à la consommation, au cinéma ou demain à la santé – sera davantage une question de réseau que de concentration.

La véritable révolution n’est pas l’innovation, mais ce que nous en ferons !

Ce nouveau modèle s’organisera autour d’espaces et de carrefours. Il implique une vision politique résolument nouvelle. Il nécessite un projet moderne et innovant d’aménagement du territoire pour revasculariser la France et ses territoires. Il ne se fera qu’avec une mobilisation des Français autour d’une perspective d’avenir où ils seront aussi des investisseurs. C’est le projet que développe « Territoires en mouvement » – http://www.territoiresenmouvement.com – et que j’ai développé dans mon livre « Travailler là où nous voulons vivre – vers une géographie du progrès » Edition François Bourin.

COMMUNIQUE : Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine devient Président de la Commission « ville de demain » du CEPS.

« Les villes ont toujours été le témoin de leur époque (…) La culture, l’économie ou l’évolution des modes de vie façonnent leur avenir. Je ne crois pas que le métropolisation soit le reflet du monde qui se dessine. Je pense au contraire que nous allons redécouvrir les bienfaits de la géographie, l’attractivité des territoires et que la ville retrouvera progressivement sa vocation d’interface »

 Le Centre d’Etude et de prospective Stratégique (CEPS), créé en 1985, présent dans 12 pays, est un organisme indépendant qui fédère près de 4500 décideurs. Son objectif est de d’analyser et de mettre en perspective les facteurs d’évolution technologiques, économiques et financiers du monde contemporain afin d’accompagner aussi bien les entreprises, les institutions que les États à se positionner dans un environnement mondial

Première pierre des Allées de Neuilly

Ce matin, je pose la 1ère pierre des « Allées de Neuilly ». Un projet de grande envergure, amorcé il y a 10 ans, pour réinventer l’axe Maillot-Défense et impulser une nouvelle ambition à la perspective royale tracée par Le Nôtre en 1670. Un projet qui permet de créer 10ha d’espaces publics, de répondre aux grands défis environnementaux et de renforcer l’exceptionnelle attractivité de Neuilly.

Avec le concours de l’Etat, de la Région Ile de France et de la Métropole du Grand Paris, les Allées de Neuilly s’inscrivent dans une approche contemporaine et ambitieuse. Cet aménagement privilégie le cadre de vie et redonne au patrimoine une place centrale pour faire de la ville un espace singulier. Merci à tous ceux qui, par leurs contributions ou leurs encouragements, jalonnent la mise en œuvre des Allées de Neuilly.

Quand l’exécutif fait des propositions fiscales aussi erratiques, il accrédite le phénomène d’instabilité qui empoisonne la France.

La créativité des ministres sur l’évolution de la fiscalité trahit la méconnaissance du fameux « cap » dont le Premier ministre et le Président nous assuraient qu’il serait tenu. J’avais compris que ce cap consistait à ne pas augmenter la fiscalité, dont acte ; mais force est de constater que les 10 milliards d’EUR déjà lâchés aux Gilets jaunes, les perspectives de croissance pour 2019 revues à la baisse, l’absence de décisions significatives sur les dépenses publiques et probablement les annonces issues du Grand débat, feront de cet objectif une chimère.

C’est sans doute ce qui explique les nombreuses prises de position des membres du Gouvernement au concours du « Comment créer de nouveaux impôts ? »ou du « Qui va-t-on faire payer davantage ? ». Ils font naturellement preuve d’anticipation. On comprend mieux.

Mais le plus catastrophique dans cette séquence de cacophonie fiscale est sa perception. Car la stabilité fiscale, dont tout le monde s’accorde sur le fait qu’elle est déterminante pour l’investissement et le développement économique, est une fois encore mise à mal par l’incohérence surprenante des positions des membres du Gouvernement. Cette instabilité est notre talon d’Achille, et c’est bien parti pour qu’elle le reste encore longtemps. Comment inciter qui que ce soit à investir dans un pays dont on est prêt à remettre la fiscalité à plat moins de deux ans après le scrutin des Présidentielles ? Comment croire à la vision commune d’un exécutif dont le Premier ministre, son ministre des finances et son ministre du budget font des propositions fiscales aussi erratiques ? Comment rétablir la confiance quand une épée de Damoclès pèse sur une économie dont les prélèvements obligatoires sont déjà les plus élevés au monde ? L’instabilité fiscale, davantage que la fiscalité elle-même, mine en profondeur notre économie. Elle nous prive des engagements nécessaires sur le long terme pour opérer de véritables transformations.

Le projet politique actuel de la France est faible à plusieurs titres : Il manque à la fois d’une vision et de ressources stables et pérennes ; il est fragile par la détérioration de ses fondamentaux économiques et sociaux. Espérons que l’atterrissage du Grand débat dépassera les mesures de circonstances pour, enfin, tracer un cap sérieux et ambitieux.

Et si nous inventions un nouveau modèle d’Exposition universelle … ?

COMMUNIQUE DE PRESSE

12 février 2019

 

Et si nous inventions un nouveau modèle d’Exposition universelle … ?

 

L’association EXPOFRANCE qui avait initiée et animée la candidature de la France pour l’Exposition universelle de 2025 lance une nouvelle initiative.

 

  • L’expérience de la candidature française à l’Exposition universelle de 2025 – abandonnée soudainement par le Premier ministre en janvier 2018 – a été riche de contributions et d’enseignements.
  • La plupart de ceux qui ont accompagnés cette aventure a souhaité analyser et restituer tous ces éléments pour ne pas qu’ils soient oubliés et puissent, le cas échéant, constituer les bases d’un nouveau projet d’Exposition universelle.
  • Ce travail d’analyse et de proposition est réalisé dans le cadre d’une initiative nouvelle prise par l’association EXPOFRANCE : « Les Ateliers de l’Universel »
  • Les travaux des Ateliers de l’Universel ont démarré en octobre 2018 avec une première échéance en novembre 2019. Au cours de cette période plusieurs initiatives sont lancées : Un travail de synthèse des idées fortes de la candidature ; des rencontres thématiques en France ; et un tour du monde sur le thème des valeurs et enjeux universels et sur la manière dont ils pourraient à nouveau s’incarner au XXIème siècle. Des fascicules sont édités chaque mois qui retranscrivent les débats et les rencontres.
  • Plusieurs retours permettent d’ores et déjà de constater à quel point le format actuel des Expositions universelles est perçu comme obsolète et combien l’attente est forte – dans un monde qui se tend et se rétracte – d’une nouvelle proposition plus en phase avec les enjeux contemporains. Cela rejoint beaucoup des sujets de discussion que nous avions avec le BIE mais aussi avec l’Etat pour tenter de moderniser le concept des Expositions universelles dont le dernier règlement date de 1928.
  • Une valeur socle fait consensus qui avait été proposée par les jeunes dès 2015 : L’hospitalité ; un enjeu se dessine : Celui de faire de chaque personne et de chaque territoire une chance pour la société toute entière ; un paramètre nouveau doit être pris en compte : Les mobilités technologiques.
  • Le programme des Ateliers de l’Universel en 2019 approfondira cette question de l’universalité à l’aune des transformations du XXIème siècle. Une grande convention internationale est prévue le 26 novembre 2019 au Musée de l’Homme à Paris pour partager les conclusions et faire la proposition d’un nouveau format d’Exposition universelle …

 

« Les nouveaux enjeux du monde justifient que l’on s’interroge, avec la même audace et la même passion que ceux qui ont créés les Expositions universelles en 1851, sur le sens du progrès et la manière de fédérer tous ceux qui veulent y contribuer »rappelle Jean-Christophe FROMANTIN, Président d’EXPOFRANCE

Hospitalité et réconciliation : Regards croisés avec Robert Schuman

Le samedi 26 janvier dernier, avant d’intervenir sur le thème de l’hospitalité dans le cadre des rencontres du TMLI (Thomas More Leadership Institute) à Rome, j’assiste à deux conférences dédiées à deux grands témoins contemporains dont l’action politique a participé des grands enjeux universels du XXème siècle : Robert Schuman (1886-1963) et Edmond Michelet (1899-1970). Les conférenciers[1] qui tracent les itinéraires et l’œuvre de ces hommes politiques d’exception évoquent plusieurs des qualités et des valeurs auxquelles ils étaient profondément attachés ; mais une des valeurs essentielles qu’ils avaient en commun attire mon attention plus que les autres car elle trouve un écho particulier par rapport à l’intervention que je projette : La réconciliation. Au cours d’un siècle qui a ouvert une des plus grandes plaies que les civilisations aient à connaître, Robert Schuman et Edmond Michelet ont œuvré pour la réconciliation et pour la paix. Ils défendaient cette idée de la paix que Spinoza a si bien exprimée : « La paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice ». Schuman appelait chacun à avoir le courage de rencontrer le monde ; Michelet invitait à ne pas couper les ponts. Cette paix qu’il faut sans cesse encourager et promouvoir, appelle une disposition permanente à la réconciliation. C’est la raison pour laquelle cette valeur universelle ne se réduit pas à des circonstances ; par son caractère fondamentale elle appelle de notre part, quelques-soient les époques et nos positions politiques ou sociales, que nous nous engagions à en être d’incessants et d’infatigables promoteurs. « Nous sommes appelés à un travail de réconciliation disait Michelet, dans le calme, la discrétion et la charité chrétienne » ; Schuman appelait à trois niveaux de réconciliation : Avec la création, avec son semblable et avec soi-même.

J’entends avec d’autant plus d’intérêt et d’émotion ces témoignages sur la réconciliation qu’ils sont à la fois les prérequis et une des conséquences de cette valeur-socle que des jeunes du monde entier avaient proposé pour la candidature française à l’Exposition universelle de 2025 : L’hospitalité.

Après avoir rappelé quelques éléments de contexte sur les travaux que nous menons dans le cadre des Ateliers de l’Universel (www.lesateliersdeluniversel.org), j’oriente mon intervention sur l’hospitalité. Je rappelle qu’elle a été cette valeur sous-jacente de notre candidature et qu’elle avait généré l’expression d’une invitation au monde de la part des jeunes : « Au cœur des territoires s’ouvre celui des Hommes »

Les trois dimensions de l’hospitalité à partir desquelles je développe mes propos entre en résonnance particulière avec celles citées plus haut, par lesquelles Robert Schuman évoquait la réconciliation :

D’abord, il n’y a pas d’hospitalité sans les deux dimensions de la confiance : confiance en soi et confiance vis à vis des autres. Malheureusement n’est pas dans ce sens que la société avance. Le monde contemporain est profondément marqué par une double défiance : vis à vis de ceux qui nous sont étrangers, fussent-ils nos propres voisins ; mais aussi souvent par rapport à nous-même au travers du doute ou de la recherche de sens. Les effets de cette perte de confiance se mesurent très clairement à toutes les échelles : Elle entraine une rétractation des pays et des tensions internationales dont l’actualité nous livre quotidiennement les conséquences ; elle provoque un isolement croissant des personnes, dont les plus fragiles sont les plus touchés ; elle participe aussi d’un individualisme aigu que les technologies flattent et stimulent chaque jour davantage.

L’hospitalité tire également son principe universel de sa simplicité ; elle est avant tout un acte spontané d’accueil à la portée de tous. Elle se façonne dans l’empathie, dans la confiance et dans la bienveillance. L’accueil de l’autre participe directement de l’altérité dont nous avons besoin pour aller vers un progrès authentique qui s’épanouit dans l’échange et le partage des cultures et des connaissances. La qualité d’accueil des plus modestes est la preuve vivante du caractère universel de l’hospitalité ; leur enthousiasme,  souvent inversement proportionnel à leurs ressources, révèle pleinement la prévalence des relations humaines sur les moyens matériels.

Une troisième dimension universelle de l’hospitalité s’incarne dans la diversité de la géographie et des richesses du monde. C’est le sens de la réconciliation avec la création qu’évoquait Robert Schuman. Toutes les composantes naturelles et culturelles de notre environnement participent très directement de notre faculté d’hospitalité. Car, la fierté que nous tirons du sentiment d’appartenance et le bonheur que nous éprouvons à faire découvrir à l’autre ce qu’il ne connaît pas, donnent à l’hospitalité son authentique valeur. C’est la raison pour laquelle, les risques de nivellement culturel et de délitement des identités sont probablement les grandes menaces qui pèsent sur l’hospitalité et par conséquent sur l’universalité. Si nous vivons demain dans un monde identique, stéréotypé, standardisé, que nous restera t-il à partager ? Qu’aurons-nous à découvrir et à faire découvrir ?

Je ne peux pas m’empêcher d’évoquer le militantisme du géographe Elisée Reclus (1830 -1905) dont l’ouvrage en six volumes « L’Homme et la terre » témoigne de cette réalité géographique dont la diversité façonne le monde autant que les relations sociales.

« Au cœur des territoires s’ouvre celui des Hommes » … Cette phrase que les jeunes avaient conçus comme une invitation incarnait cette exigence qu’évoquait Schuman d’oser aller à la rencontre du monde. Le défi reste à relever.

[1] Père Cédric Burgun est docteur en droit canonique, il a participé étroitement aux travaux en l’élaboration du procès en canonisation de Robert Schuman ; Mesdames Lucienne Sallé et Nicole Lemaître, respectivement membre du Conseil Pontifical pour les laïcs de 1977 à 2006, et historienne, professeur émérite à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ont travaillé à la postulation de la cause d’Edmond Michelet.

Neuilly participera au débat national

Dialogue local […] Débat national

« Les tergiversations sur les thèmes ou sur l’organisation ont marqué un démarrage précipité et quelque peu confus du Grand débat. Cependant il nous appartient d’en faire celui dont la France a besoin pour redéfinir son projet de société. Et de répondre à une question centrale : Comment permettre à chacun de vivre, de travailler et d’être heureux là où il le souhaite ? »

C’est sous l’intitulé « Dialogue local […] Débat national » que le maire de Neuilly lance cette semaine une contribution au débat proposé par le Président de la République.

 

« J’ai souhaité que nous ayons une contribution à la fois plus globale et concrète du débat afin que l’approche locale serve autant de point d’entrée que de point d’ancrage pour les enjeux nationaux comme pour les sujets locaux ; car nos concitoyens ne segmentent pas, ils attendent une modernisation de l’action publique dans toutes ses dimensions dans une relation efficace et responsable entre les échelons locaux, nationaux et européens, ils font d’abord confiance aux Maires pour être le pivot de ce renouveau »rappelle le Maire de Neuilly.

 

Le dispositif mis en place dès cette semaine s’intitulera Dialogue local […] Débat national ; il comportera trois dimensions :

 

  • L’ouverture d’un registre sur le site Internet de la ville et en mairie afin de recueillir les contributions de la population ;
  • L’organisation d’une grande réunion publique en février autour de la question « Quel modèle de société pour la France ? » animée par le maire et enrichie par des interventions de personnalités qualifiées et d’élus dont le rôle sera de poser clairement les enjeux et les défis à relever ;
  • La mise en place en mars et avril d’une consultation des administrés sur l’action publique locale suivie de l’organisation d’ateliers sur les thématiques qui auront été les plus demandées.

 

Le maire transmettra les retours des administrés à l’autorité en charge de la coordination du débat ainsi que des préconisations.

 

« Rétablir la confiance par la démocratie de proximité ; avoir une ambition pour le développement de toute la France ; bâtir une nouvelle économie à partir de nos avantages comparatifs et des singularités que recèlent nos territoires ; et donner un sens à l’innovation en la mettant au service des choix de vie auxquels aspirent les Français (…) c’est dans ces termes, dans un esprit constructif, que j’avancerai en espérant que cette ambition sera partagée » déclare Jean-Christophe Fromantin

Pourquoi je signe l’appel des Maires ruraux de France ?

Bien qu’étant le Maire d’une des villes les plus « métropolitaines » de France et vice-président en charge de l’économie d’une intercommunalité qui ne ressemble pas à celle des zones rurales, Paris-Ouest-La Défense, je me retrouve dans cet appel des Maires ruraux de France. Parce qu’il incarne les trois leviers dont nous avons besoin pour sortir des crises actuelles : Rétablir la confiance par la démocratie de proximité ; avoir une ambition pour le développement de toute la France et bâtir une nouvelle économie à partir de nos avantages comparatifs et des singularités que recèlent nos territoires; donner un sens à l’innovation en la mettant au service des choix de vie auxquels aspirent les Français.

Aujourd’hui le « Grand débat » souffre de trois maux : Quel sens ? Quelle ambition ? Quelle légitimité ? Les tergiversations sur les thèmes ou sur l’organisation trahissent une approche précipitée, confuse sans autres objectifs que de tenter quelques réglages. Ce débat est circonstanciel alors qu’il pourrait être celui dont la France a besoin et qu’elle attend depuis des années pour redéfinir son projet de société.

Je suis convaincu qu’en laissant aux Maires l’initiative des débats sur l’avenir de leur territoire avec leurs administrés, on répondra mieux qu’avec n’importe quel « Grand débat national » à la question essentielle que le Président de la République devrait poser :

Comment permettre à chacun de vivre, de travailler et d’être heureux là où il le souhaite … ?

C’est à partir de cette question centrale que se dessineront les réponses à l’ensemble des crises que nous traversons. C’est aux maires de se mobiliser pour y répondre et au Chef de l’Etat de leur faire confiance et de les entendre.

Pour accéder à la pétition :

http://www.appeldesmairesruraux.fr/

Le débat politique en France vire au sac de nœud, Pourtant une voie existe …

 

Deux faits d’actualité révèlent de façon emblématique le paradoxe et la panique qui semblent gagner le Gouvernement : Le grand débat national et la réforme de la taxe d’habitation.

Alors que l’exécutif a plus que jamais besoin de montrer qu’il maîtrise la situation et de renforcer les corps intermédiaires pour restaurer la relation de confiance avec les citoyens, par ses tergiversations sur la taxe d’habitation, il met au grand jour ses hésitations et fait peser sur les maires une épée de Damoclès. Pire, il est en train de nous dire que l’avenir de notre principale ressource – qui est également celle qui garantit notre indépendance – dépendra de l’issue de plus en plus hypothétique du « grand » débat national dont on peut douter de la fiabilité, de la représentativité et par conséquent de la légitimité.

Au-delà des incertitudes que cela entraine, c’est tout l’édifice institutionnel qui est aujourd’hui remis en cause au travers de cette double actualité : fragilisation des maires alors qu’ils sont les élus-socles de la démocratie de proximité ; impuissance et incohérence de l’exécutif ; poids démesuré donné à un débat national alors qu’il préfigure une « auberge espagnole » ; incohérence financière, voire bricolage fiscal, dont les conséquences aggraveront la défiance de l’opinion et la situation économique de la France ; absence totale de « cap » que le débat national risque de rendre encore plus confus. Sans parler de tous les autres faits d’actualité qui alimentent la confusion, de la quasi disparition des partis d’opposition ou des dérives populistes voire césaristes qui accréditent chaque jour davantage le délitement et la radicalisation du débat politique en France.

Pourtant une voie existe, celle qui consiste à rebâtir un modèle de société redistribué  : avoir une ambition « à partir de là où les gens vivent » et non pas pour les seules métropoles  mondialisées  …

Comme je le développe dans mon dernier livre « Travailler là où nous voulons vivre » Edition François Bourin (Prix du livre Marianne d’Or 2018), je suis plus que jamais convaincu que nous réamorcerons un projet politique en repensant la carte des territoires ; en structurant nos ambitions, autant autour des villes moyennes que des métropoles ; en bâtissant une économie mieux distribuée, adossée à nos cultures et à nos avantages comparatifs ; en mettant l’innovation au service des choix de vie de chacun et non l’inverse … De nombreux indices plaident en faveur d’un redéploiement de nos ambitions et de nos politiques : l’impasse métropolitaine, l’appétence des Français pour des choix de vie plus équilibrés, l’enjeu environnemental ou la tension budgétaire vers laquelle nous conduit tout droit le modèle actuel. C’est sur ces bases que nous devons lancer le débat et lui donner la hauteur de vue que la France et les Français méritent.

Echange avec les Gilets-jaunes de Nogent-le-Rotrou (28) : Revisitons la notion de progrès

Je me suis arrêté sur un rond-point de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) pour discuter avec des Gilets-jaunes. Je me présente à eux. Mon statut de « Maire de Neuilly » appelle un temps d’adaptation pour amorcer le dialogue mais au bout de quelques minutes nous échangeons avec franchise.

L’équipe de Gilets-jaunes présente sur ce rond-point (au bord de la D923, en face du Mac Do de Nogent-le-Rotrou) est sans doute assez représentative du mouvement : Des profils différents mais en commun un profond sentiment d’injustice et beaucoup de détermination. « Je gagne 1500 EUR avec 25 ans de boite » me lance un des Gilets-jaunes ; « On nous méprise » me dit un autre ; « Avec les grandes régions, il faut faire le double de kilomètres pour emmener mon fils faire du sport » me dit une mère de famille etc. Les phrases fusent : les propos vexatoires du Président de la République, la vaisselle de l’Elysée ou le salaire de Carlos Ghosn s’enchainent comme les marqueurs de cette distance entre deux France. Je parle de mon dernier livre, on me met sous les yeux celui des sociologues Pinçon-Charlot qui circule autour du rond-point – plus militants que chercheurs – sympathisants du Front de Gauche, ils dénoncent par des raccourcis une oligarchie au service des riches dont Emmanuel Macron serait un des promoteurs. Le dialogue est compliqué. J’essaie d’expliquer qu’il ne faut pas tomber, ni dans les caricatures, ni dans l’opprobre, que le constat des fractures est largement partagé et qu’ils ont eu le mérite de crever l’abcès : l’abandon des territoires, la désindustrialisation, l’affaiblissement des services publics, la verticalisation du pouvoir et bien entendu la paupérisation de classes moyennes qui deviennent la variable d’ajustement d’un « nouveau monde » sont autant de dérives incontestables. Les Gilets-jaunes incarnent indéniablement les fractures engendrées par des années d’immobilisme. C’est en cela qu’ils sont légitimes. Je défends auprès d’eux cette idée que le surpoids de l’Etat – par son impact sur les charges des entreprises comme sur celles des ménages – est une des causes du délitement auquel on assiste. Le débat s’engage. Certains d’entre eux accusent d’abord les multinationales, puis l’Europe, d’autres admettent que l’obésité de l’Etat a progressivement bloqué la France, tous ont le sentiment qu’on les a oublié, qu’ils sont méprisés et inutiles.

On fait une photo, je salue les nouveaux arrivants sur le rond-point et on reprend les échanges entrecoupés de brefs coups de klaxons en signe d’encouragement.

Au fil du dialogue je comprends qu’il y a trois types de revendication et par conséquent qu’il devra y avoir trois niveaux de réponses : celle qui relève du symbole et qu’aucune augmentation pécuniaire ne viendra satisfaire ; c’est une sorte de prérequis pour rétablir la confiance ; celle qui concerne le court terme,, voire l’urgence, dont je perçois combien les mesures récentes annoncées par le Président de la République n’ont pas vraiment convaincu, sans doute par leur imprécision ; et celles qui façonneront l’avenir pour bâtir un modèle de société qui redéploie une ambition dans tous les territoires plutôt qu’il ne la concentre dans quelques villes au détriment de ce que la France compte de plus singulier. Quand au « Grand débat national », il semble très loin de faire l’unanimité. Son appellation trahit déjà une verticalité qui en fait d’emblée un objet suspect ; comme si le fait d’être « grand » et « national » le mettait hors de portée. Je persiste à croire qu’on aurait gagné à démarrer le débat « d’en bas » plutôt que d’avoir dès le départ cette marque de fabrique gouvernementale.

« Nous ne sommes pas dans le même bateau, vous êtes le maire de Neuilly » me lance alors un des Gilets-jaunes, laissant entendre que je ne peux pas les comprendre, que notre conversation n’est qu’un pis-aller. « Si, nous sommes dans le même bateau – lui répondis-je – car, que vous le vouliez ou non, ce bateau c’est la France et nous devons, vous comme moi, vous avec moi, quoiqu’il arrive, le mener à bon port (…) Sortons de la lutte des classes, notre avenir ce n’est pas les riches contre les pauvres, ni les métropoles contre les territoires mais une prospérité harmonieuse qu’il faut réinventer dan un monde qui a profondément changé ». En les écoutant et en répondant, je mesure la nécessité de revisiter ensemble la signification du mot progrès et de faire en sorte que nous en ayons la même définition. Le progrès ne peut plus se laisser enfermer dans autant de silos, isolés les uns des autres : celui des bénéfices, celui du pouvoir d’achat, celui de l’environnement ou celui de l’innovation. Comme si chacun avait « son » progrès. Aucun « grand débat » ne prospérera sans que le « progrès » ne soit libéré des quiproquos dont il fait l’objet. En voulant faire de la France une « startup nation » je mesure – depuis le rond-point de Nogent-le-Rotrou, au bord de la D923 – combien le Président de la République, probablement sans le savoir, a alimenté ce quiproquo.

« Nous craignons le passage en force, me dit un autre, nous voulons nous en sortir … »

« Tout le monde doit en sortir – lui répondis-je – et par le haut »

Je sors de cette rencontre avec un double sentiment : de colère et d’espérance. De colère d’abord, car il aura fallu attendre cette crise des Gilets-jaunes pour s’intéresser aux territoires et à ceux qui y vivent, alors que nous aurions pu anticiper ces mutations. Une colère d’autant plus forte que le retard sera plus difficile à combler, que notre dette est importante et qu’elle diminue d’autant les capacités d’investissements dont nos territoires ont besoin. Mais il n’est pas trop tard, des solutions existent.

Je sors aussi de cet échange, paradoxalement, avec un profond sentiment d’espérance. Car l’interpellation des Gilets-jaunes peut être un point de départ. Ils sont les lanceurs d’alerte dont la France avait sans doute besoin pour définir un projet qui ait du sens. Ils peuvent être ceux qui nous font prendre conscience qu’une perspective n’est politique que si elle considère que chaque Homme est une chance plutôt qu’une charge. Ils posent une question qui ne relève pas de « cahiers de doléances » mais du destin universel que nous voulons sincèrement partager.

20-1-12,9,0

« Une logique de guichets se substitue à une logique de projets »

INTERVIEW. Le maire de Neuilly est favorable au « grand débat » lancé par Macron pour répondre à la colère des Gilets jaunes. Mais il déplore la méthode.

Propos recueuilis par Jérôme Cordelier

Le 
Dans son livre Travailler là où nous voulons vivre(Éditions Francois Bourin), paru juste avant la crise des Gilets jaunes, Jean-Christophe Fromantin défendait un grand projet politique qui marie nouvelles technologies et organisation territoriale. Aujourd’hui, le maire (DVD) de Neuilly-sur-Seine veut prendre sa part au « grand débat national » que le président Emmanuel Macron met sur les rails. La consultation, qui devrait durer trois mois et démarrer dans les jours prochains dans les mairies, devrait aborder quatre grands thèmes (transition écologique, fiscalité, organisation de l’État, et démocratie et citoyenneté, dont l’immigration). Pour l’instant, Jean-Christophe Fromantin reste circonspect sur la façon dont le débat s’engage….

Le Point : Qu’attendez-vous de cette consultation  ?

Jean-Christophe Fromantin : Le problème est qu’Emmanuel Macron a ouvert la boîte de Pandore par ses annonces précipitées. Il y avait deux manières d’aborder les choses. Soit en satisfaisant des revendications catégorielles. Soit en entraînant les Français dans un vrai débat de fond et de long terme sur notre modèle de société. Las, le président a choisi la première option. Et il risque de subir les demandes inflationnistes de chaque catégorie sociale. Une logique de guichets se substitue à une logique de projets. Et les problèmes de fond, qui se posent à nous depuis des années, demeurent, à savoir : comment reconfigurer la France dans ce monde qui a changé ? Comment rendre notre pays prospère et que cette prospérité profite à tous ses territoires, à tous ses citoyens où ils souhaitent vivre et pas seulement ou l’on voudrait qu’ils vivent ? Dans ce grand débat, les Français doivent apporter des éléments. Comment percevez-vous pour vous et vos enfants les enjeux d’éducation, de formation, de mobilité, d’organisation des services publics ? Comment imaginez-vous votre intégration dans ce processus à long terme de transformation du pays ? Si l’on reste dans une logique de guichets, chacun se bornera à demander plus d’argent, plus d’avantages, plus de loisirs, plus de moyens pour consommer. Et l’on passera à côté des questions essentielles.

Concrètement, comment faut-il organiser ce débat ?

Le pouvoir s’est rendu otage du temps. On ne traite pas une question aussi importante que la mutation du modèle de société pour la France en 15 jours de préparation et 3 mois de débat, le tout engagé dans la précipitation. Il faudrait se donner toute l’année 2019 pour poser les termes, puis attendre 2020 pour ouvrir le débat.

Mais nous sommes en pleine crise, il faut agir vite…

C’est le problème : on travaille sous la pression. Mais regardez comment les réponses de court terme données de la bouche du président dans son allocution deviennent confuses, voire contradictoires, dans la mise en œuvre. Et quand ces annonces vont passer à la moulinette parlementaire, elles deviendront encore plus illisibles. C’est à Emmanuel Macron, et à lui seul, de mener ce débat, en allant à la rencontre des Français, et pas seulement en trois mois… Peut-être pourrait-il en amont, pour préparer le terrain, s’entourer dans chaque région de médiateurs, personnalités reconnues dans leur environnement comme neutres, sages et intégrées au tissu économique et social…

Faut-il libérer la parole ?

À condition que cela ne devienne pas l’auberge espagnole ! Les discussions doivent être organisées. À ce sujet, l’approche par thèmes ne me paraît pas pertinente : vous créez des silos ! Le rôle du président de la République est de transcender tous les paramètres de la société. C’est l’avenir de la France et de sa place dans le monde qui est en jeu, tout de même ! Pourquoi cantonner cette discussion à seulement quatre thèmes génériques ? La santé et la sécurité sont les premières préoccupations des Français, et on ne va pas en parler, c’est insensé !

Lancer une telle consultation génère forcément des mécontents, surtout dans un pays de râleurs comme le nôtre. Exercice quasiment impossible à gérer, non ?

Tout dépend comment on s’y prend. Dans la plupart des entreprises, on élabore des plans stratégiques à 10 ou 20 ans, pourquoi pas pour le pays ? La question qui nous est posée à tous est la suivante : quel doit être le projet stratégique de la France à 20 ans ? Chacun doit pouvoir intervenir dans ce débat à partir de l’endroit où il vit et de la façon dont il pense. Elle n’a même pas commencé que la discussion est déjà enfermée dans quatre thèmes. De plus, dès le départ, le pouvoir se prend les pieds dans le tapis en ne tenant pas la date d’ouverture des discussions parce que celle-ci a été lâchée dans la précipitation… Pour l’instant, c’est mal engagé.

Neuilly vote son budget 2019 en conjuguant une grande rigueur de gestion et des investissements d’avenir

Mercredi 12 décembre, le Conseil municipal de Neuilly-sur-Seine, a voté son budget primitif 2019.

Ce budget s’inscrit dans la continuité des principes arrêtés par le maire depuis son élection en 2008, à savoir : Une maîtrise des dépenses, une épargne forte, un gel de la fiscalité et un programme d’investissements d’avenir. Cette discipline budgétaire a été récemment remarquée à la fois par la Direction Générale des Finances publiques qui souligne une très bonne maîtrise des dépenses par la ville, et par l’agence de notation Moody’s, qui a attribué à Neuilly la meilleure note qu’une commune puisse obtenir (Aaa3)

Pour 2019 ces principes se concrétisent par une stabilité des charges générales qui permettent, grâce à des économies nouvelles de l’ordre de 1,7 MEUR, non seulement d’absorber les augmentations réglementaires et indiciaires ou les perspectives d’inflation mais aussi de financer le recrutement de 12 nouveaux effectifs de police municipale et d’améliorer d’une manière générale la qualité de services publics.

L’année 2019 est également marquée par le lancement d’investissements structurants comme la reconfiguration de l’avenue Charles de Gaulle, la création du nouveau complexe sportif du boulevard Koenig ou la rénovation en profondeur de l’école Michelis. Ces investissements seront financés grâce à une forte capacité d’autofinancement de l’ordre de 13 MEUR et par un recours à l’emprunt.

Enfin, suite au succès de son recours au Conseil d’Etat contre la répartition de la péréquation, la ville s’est vue notifier l’annulation de 26 MEUR de prélèvements. Dès 2018, 9 MEUR ont été annulés. Par précaution, le solde de 17 MEUR n’a pas été intégré au budget primitif 2019, bien que son remboursement vienne d’être confirmé par le Préfet des Hauts-de-Seine.

 

La taxe d’habitation continuera à être gelée pour la 9èmeannée consécutive.

 

« Grâce à une grande rigueur de gestion, malgré des prélèvements toujours plus lourds et une baisse des dotations de l’Etat, le budget de la ville montre qu’il est possible de conjuguer un haut de niveau de service et des investissements d’avenir sans accroitre la pression fiscale ni atteindre les niveaux de dette auxquels les acteurs publics nous ont malheureusement habitués »rappelle Jean-Christophe Fromantin

12 milliards … pour calmer les Giles jaunes ou pour l’avenir ?

En annonçant une série de mesures sociales très concrètes en réponse aux Gilets jaunes, on se félicite qu’un coup de frein soit donné au blocage du pays mais on peut aussi se poser la question de la portée de ces mesures. Autrement dit : Répondent-elles à l’avenir autant qu’à l’urgence ?

Rien n’est moins sûr.

Ce qui surprend de la part d’un Président qui avait fait du développement des entreprises et de la maîtrise des comptes publics son antienne, c’est qu’il a, en 13’ chrono, changé radicalement de cap. Car, les mesures proposées – en alourdissant de plus de 10 milliards les comptes publics – signent le grand retour de l’Etat-providence. Ces mesures sont d’autant plus étonnantes qu’elles auront inévitablement un double effet d’entrainement : sur l’ensemble des salaires, faibles et moyens – ceux qui ne bénéficient pas de la prime d’activité – qui vont légitimement prétendre à une hausse équivalente (entre 5 et 10%) ; et sur les entreprises et les ménages qui sont ceux qui, in fine, paieront les largesses de l’Etat. C’est-à-dire « nous ».

Comme l’Etat renonce toujours à faire des économies, on agit depuis des années tel un système de vase communiquant, en prenant au gré des crises et des urgences, entre les poches des Français, les caisses des entreprises ou les comptes sociaux. Nous sommes incapables d’amorcer une politique qui agisse à la fois positivement sur les équilibres budgétaires, sur le train de vie des Français et pour la compétitivité des entreprises.

Par ailleurs il est à craindre que cette séquence du quinquennat Macron, marque un stop à toutes les réformes de nature à diminuer la part de dépenses publiques dans le PIB, les seules grâce auxquelles la France pourrait se créer des marges de manœuvre pour préparer l’avenir.

Je reste pour ma part convaincu qu’une voie existe. Elle suppose un agenda qui concilie deux dimensions :

Celle de l’avenir qui passe par un allégement de l’organisation publique pour plus d’efficacité et moins de fiscalité pour les ménages et les entreprises ; par une nouvelle politique d’aménagement du territoire pour permettre aux Français de réussir là où ils vivent ; et par une mobilisation de l’épargne pour financer un programme d’infrastructures et d’investissement dans toutes les régions de France de 60 à 90 milliards.

En attendant ces réformes de structure, des mesures de court et du moyen terme visant à alléger l’ensemble des prélèvements pourraient être prises : Une baisse des charges sociales compensée par une hausse de la TVA à l’exception de celle visant une série de produits de consommation courante ; et la création d’un bouclier social, à périmètre constant, en agrégeant la plus grande partie des aides sociales actuelles souvent dispersées et inefficaces.

La réponse donnée aux Gilets jaunes est pour l’instant une réponse technique. Le Président annonce un « contrat avec la nation ». Il est urgent, car la France n’aura pas les moyens de mettre des milliards sur la table au gré des  colères, fussent-elles légitimes; elle a surtout besoin d’une réponse politique dont la prospérité durable pour tous sera le cap.

Marianne d’Or pour mon livre

Le 4 décembre 2018

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Jean-Christophe Fromantin reçoit une Marianne d’Or pour son livre

« Travailler là où nous voulons vivre – Vers une géographie du progrès »

Aux Editions François Bourin

 

Mercredi 5 décembre, c’est à l’Hôtel Scribe-Paris-Opéra que Jean-Christophe Fromantin recevra en fin de matinée une Marianne d’Or pour son dernier livre « Travailler là où nous voulons vivre – Vers une géographie du progrès » paru récemment aux Editions François Bourin.

 

Dans son nouvel essai, l’auteur revisite le sens du progrès. Il développe l’idée que nous allons passer d’un modèle « là où nous devons vivre »au modèle « là où nous voulons vivre », mieux à même de répondre à notre aspiration au bonheur, d’intégrer les enjeux environnementaux, de réveiller notre diversité culturelle et de revitaliser une économie qui devient stéréotypée.

Il explique comment les technologies permettent d’opérer cette authentique révolution qui consiste à se mettre au service de nos choix de vie et non l’inverse. Il trace les contours d’une vision politique moderne et des mesures concrètes qui permettront de mettre en œuvre ce parcours vers une vie meilleure.

 

« L’innovation va permettre de passer d’un modèle de concentration urbaine à celui d’un redéploiement vers les territoires. C’est un mouvement indispensable pour rééquilibrer une situation qui nous conduit dans une impasse économique, sociale et environnementale (…) Alors que l’actualité démontre l’attente d’une perspective globale de développement de toute la France, je suis très heureux de recevoir cette Marianne d’Or qui corrobore ma conviction que nos territoires et ceux qui y vivent sont une chance plutôt qu’une charge »déclare le Maire de Neuilly-sur-Seine.

 

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Créé en 1984 par Edgar Faure, le Concours des Marianne d’Or récompense les Maires et Présidents de Collectivités locales pour les actions exemplaires qu’ils mènent dans différents domaines. Ces prix renforcent chaque année la gouvernance de proximité et l’excellence des services publics locaux. En 2018, Alain Trampoglieri initie un prix littéraire dont l’ouvrage, écrit par un élu, donne du sens au mandat local et des arguments indispensables aux citoyens et décisionnaires locaux.

 

« Le Prix Marianne d’Or vise à promouvoir chaque année un ouvrage signé par un élu local qui contribue à mettre en perspective les pouvoirs locaux et dont l’intérêt s’adresse à tous les citoyens qui s’investissent et innovent dans leurs territoires et imaginent la société modèle de demain (…) L’ouvrage primé devra donner du sens et éviter la désertion de l’enjeu municipal »rappelle Alain Tramploglieri, Délégué général des Marianne d’Or.

 

Contact presse : Philippe Cuesta : 06 86 38 92 32

 

 

Il appartient au Président de la République de réconcilier ce qui s’oppose et d’en faire le point de départ d’un renouveau

La désespérance de ceux dont la violence est l’expression m’inspire un double sentiment de colère et de tristesse. Nous ne pouvons pas nous résigner à voir non seulement Paris en feu mais toute la France encalminée dans le doute et la défiance. Mais aux émotions doivent succéder l’esprit de responsabilité et le retour à la raison : c’est dans une volonté commune de réconciliation que nous devons nous engager.

Pour opérer cette réconciliation il convient de répondre à une double urgence, celle de l’instant comme celle de l’avenir, car l’un et l’autre sont – en particulier dans cette crise –intimement liés.

L’urgence d’aujourd’hui est de condamner la violence, sans réserve, et d’appeler à ce que la justice passe. Il revient aussi au Président de la République, dans un esprit d’apaisement, de suspendre les mesures incriminées et d’inviter au dialogue dans la sérénité.

Cette réconciliation passe par une autre urgence : celle d’une mise en perspective de ce que nous voulons faire de la France. Car, plus qu’une taxe de trop, c’est l’absence de perspectives pour des millions de Français qui sédimente depuis des années les inquiétudes dont les manifestations actuelles révèlent l’ampleur. Aller vers un monde plus durable est une nécessité, mais quel en sera l’impact sur les modes de vie des uns et des autres ? Quand cette orientation apparaît comme une régression plutôt que comme un progrès, il est légitime qu’elle suscite la colère de ceux qui ne voient dans cette injonction que ses effets négatifs. Ils n’en contestent pas la nécessité, mais force est de constater que la désindustrialisation, l’abandon des villes moyennes et la fermeture des services publics leur donnent raison. Ce sentiment de régression est d’autant plus perceptible que les stéréotypes de « bobos parisiens », de « start’uppers » ou de « néo-urbains » apparaissent comme les icônes du nouveau monde. Si on y ajoute un pouvoir incarné par une caste dont l’entre soi est une raison d’être, alors il est logique que l’inquiétude se transforme en colère.

La France n’est pas une « start’up nation ». Réduire sa géographie à un incubateur, cela revient à passer en pertes et profit ses atouts authentiques, sa culture et son héritage, mais aussi à exclure la majorité des Français d’un projet de société. Or, qu’y a-t-il de pire que de se sentir déclassé, oublié ou abandonné, si ce n’est de se sentir inutile ?

La France et les Français aspirent légitimement à participer au développement durable. Les idées même de prospérité et de pérennité participent de ce que chacun souhaite vivre. L’enjeu relève de notre capacité à intégrer cette idée dans un progrès partagé par tous. Nos territoires et nos métropoles, nos villes et nos villages, sont les composantes d’une même France, d’une même ambition et d’une même politique. Aimer la France suppose d’en apprécier toute la diversité et de faire en sorte que chaque Français en soit un des acteurs essentiels.

La crise actuelle est sans doute une opportunité ; celle de dessiner un modèle de société qui réconcilie ce qui aujourd’hui s’oppose : les Français et leur avenir dans la mondialisation; les territoires et les métropoles dans une nouvelle géographie politique; notre patrimoine avec ce que les technologies peuvent nous offrir pour qu’il rayonne davantage.

En expliquant aux Français qu’ils sont une chance plutôt qu’une charge ; en liant leur propre destin à celui de la France dans une ambition enracinée et visionnaire, le Président de la République doit faire de cette séquence le point de départ d’un renouveau.

Assemblée générale de TEM : analyse et perspectives

L’Assemblée générale de Territoires en Mouvement s’est déroulée le 28 novembre dans un contexte de crise que nous avions anticipé dès la création de notre mouvement. La vision réductrice d’une France centralisée, en voie de métropolisation et d’une économie focalisée sur les technologies devait un jour ou l’autre faire réagir tous ceux qui, dans les périphéries urbaines, les villes moyennes et le monde rural, sont tenus à l’écart de cette évolution. Et il n’est pas besoin d’être, ni un géographe, ni un économiste, pour observer cette démission de l’Etat vis à vis de nos territoires. Après la fermeture des usines, nous voyons l’abandon des villages, l’éloignement des services publics, le déclin des villes moyennes, la fermeture des commerces et la dérive des banlieues … Le nouveau monde, incarné dans la « nouvelle économie », participe de la formation de nouvelles richesses individuelles et d’un appauvrissement collectif. Le bien commun n’est plus qu’un concept désuet. L’individualisme et la performance personnelle sont les codes de ce nouveau monde, stéréotypé, aseptisé, virtuel et financier …

Depuis quelques années nous défendons un autre modèle. Nous pensons qu’il faut articuler les territoires et les métropoles pour qu’ils se complètent et participent de l’émergence d’une économie singulière, mieux distribuée, moderne, au service des avantages comparatifs que notre culture et nos savoir-faire ont façonné avec le temps. Nous proposons une grande politique de revalorisation de notre patrimoine. Nous défendons une nouvelle architecture territoriale mieux adaptée aux défis actuels et plus économe en matière de dépense publique; nous appelons une ambition nouvelle pour l’aménagement du territoire et une politique de redistribution plus incitative; nous proposons de réconcilier deux pivots indispensables pour notre développement, les villes moyennes pour ce qui relève des politiques de proximité et les métropoles pour opérer la connexion  de nos territoires avec le monde ; nous défendons l’innovation pour qu’elle soit au service d’un progrès authentique et d’un développement pérenne. Nous appelons une perspective européenne au service de nos territoires et de ceux qui y vivent.

En 2019, nous défendrons l’ambition européenne pour autant qu’elle s’enracine dans le substrat historique et culturel qui donne à l’Europe sa raison d’être. Nous voulons une Europe qui réconcilie les territoires avec les enjeux de la mondialisation, dont les Etats soient solidaires pour faire face aux nouvelles hégémonies financières ou technologiques issus des grands blocs. Nous défendrons un capitalisme de long terme pour une prospérité durable et un bien-être social. Nous pensons, comme Robert Schuman l’avait anticipé dans sa déclaration de 1950, que l’Europe se développera dans une relation prospère avec le continent africain.

PS : Le PV de l’AG est à disposition des adhérents à jour de cotisation qui le souhaitent


Lettre ouverte au Président de la République en réponse à son courrier du 16 novembre 2018 aux Maires de France

Jean-Christophe FROMANTIN

Maire

 

 

Emmanuel MACRON

Président de la République

Palais de l’Elysée

Rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 PARIS

 

 

 

Monsieur le Président de la République

 

Je viens de recevoir la lettre que vous avez adressée aux Maires de France.

Vous évoquez la « DGF », la « DSIL », la « DETR », la taxe d’habitation et la contractualisation ; vous rappelez également l’existence d’un grand ministère des territoires au service des Maires. Tous ces éléments participent effectivement de nos préoccupations quotidiennes.

 

Pour autant votre communication passe, me semble-t-il, à côté du sujet essentiel de la part du Président de la République que vous êtes : Celui de votre vision des territoires et de leur avenir dans un monde qui a profondément changé.

C’est sans doute l’absence de réponse à cette question fondamentale qui provoque aujourd’hui les inquiétudes des populations dont nous sommes les premiers interlocuteurs.

 

Car, à l’heure où se combinent deux phénomènes de métropolisation et de digitalisation, porteurs de risques de nivellement culturel, de désertification, d’isolement et d’exclusion des moins qualifiés, il est légitime de s’interroger.

Que restera-t-il de nos villages, de nos villes moyennes et de nos territoires dans les années à venir ? Qu’en sera-t-il de la vie dans les métropoles si la concentration urbaine se réalise au détriment de l’environnement, de la qualité de vie et de l’équilibre des territoires, dans une compétition mondiale vide de sens ? Qu’en sera-t-il de la modernité si elle nous conduit à perdre toute authenticité culturelle qui fait la richesse du monde et à déraciner les femmes et les hommes souvent au péril de leur dignité et de leur bonheur ?

 

Aujourd’hui la politique est pauvre sur ces questions. Elle est pratique, technique, ou comptable ; elle est aussi conjoncturelle ou émotionnelle, mais il lui manque, me semble-t-il la profondeur indispensable pour ne pas laisser nos communes subir cette période de transformation qui mérite notre mobilisation comme vous le souhaitez.

Votre politique territoriale aura du sens si elle défend une certaine idée du progrès, inspirée par les valeurs de notre République, par l’histoire et la géographie de notre pays, par les talents des Français. Elle sera pertinente seulement si elle permet à chacun d’être heureux là où il vit ou là où il souhaite vivre.

 

Cette attente d’une France mieux distribuée, connectée au monde, configurée pour que tous les territoires bénéficient des leviers d’innovation, attentive à ce que chacun retrouve un lien social et une qualité de vie, inscrite dans une perspective de développement durable, accueillante pour ceux qui la visitent comme pour ceux qui voient dans ses valeurs une espérance, appelle un renversement de paradigme. Elle doit s’incarner dans un projet de société ; elle doit irriguer toutes nos politiques publiques afin de permettre un développement cohérent et harmonieux de tous les territoires. Cela passe par la revalorisation de notre patrimoine matériel et immatériel ; par une nouvelle politique d’aménagement du territoire dans toutes ses dimensions logistique, administrative ou numérique ; par un programme d’investissement ambitieux porté avec les Français ; par des politiques de solidarité de proximité.

 

C’est cette vision que nous attendons de votre part. Celle de la place de nos communes dans un monde dont l’uniformisation risque, faute d’ambition, d’anéantir la diversité de nos territoires et de toutes les richesses humaines, sociales et économiques dont les Maires se sentent les dépositaires.

 

Je suis convaincu que l’enjeu est là. C’est cette ambition que vous devez porter avec autant de conviction que celle que vous mettez à défendre l’idée européenne.

 

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en l’expression de ma haute considération.

 

 

 

 

 

Jean-Christophe FROMANTIN

Nous allons passer d’un modèle « là où nous devons vivre » au modèle « là où nous voulons vivre »

Dans mon prochain Essai – « Travailler là où nous voulons vivre – vers une géographie du progrès » (Ed. François Bourin)  – je questionne le primat métropolitain et plaide pour un modèle mieux distribué ; j’interpelle sur les opportunités nouvelles qu’ouvre l’innovation pour améliorer nos modes de vie.
J’oppose au modèle de concentration urbaine « là où nous devons vivre », obsolète et hors-sol, celui de redéploiement géographique, « là où nous voulons vivre », mieux à même de répondre à notre aspiration au bonheur, d’intégrer les enjeux environnementaux, de réveiller notre diversité culturelle, de revitaliser une économie qui devient stéréotypée et de restaurer des relations sociales qui tendent aujourd’hui à s’artificialiser.
J’explique comment les technologies permettent d’opérer cette authentique révolution qui consiste à se mettre au service de nos choix de vie et non l’inverse. Je suis convaincu que si nous n’opérons pas ce retournement alors, la combinaison « métropolisation + digitalisation » sera destructrice et nous conduira vers une forme d’aliénation.
Je corrobore cette approche par de nombreuses références, des analyses et des signaux forts. Mais aussi par des exemples des formidables innovations qui, dans nos vies quotidiennes comme dans notre travail, vont permettre d’opérer cette amélioration de nos modes de vie
Je fais de nombreuses digressions vers les philosophes, la doctrine sociale de l’église, sur les thèses de Simone Weil et de nombreux auteurs qui réfléchissent sur le sens de l’innovation afin de tendre vers un véritable progrès, et d’en stabiliser les fondations.
Enfin, je trace les contours d’une vision politique nouvelle et des mesures concrètes qui permettront de mettre en oeuvre ce parcours vers une vie meilleure.
EN LIBRAIRIE LE 8 NOVEMBRE

Le Grand Paris et les territoires en panne … !

[COMMUNIQUE DE PRESSE]
Les informations qui annoncent un gel du Grand Paris tel qu’il est actuellement organisé – si elles sont confirmées – seraient problématiques. En effet l’attentisme que cela provoque, les coûts de structure qu’engendre la multiplication des strates (communes/ EPT/ Départements/ MGP/ Région/ services déconcentrés de l’Etat/ syndicats intercommunaux) mais aussi la faible lisibilité pour la population d’une gouvernance aussi complexe appellent, pour le moins, que le Gouvernement engage une trajectoire de simplification.
« S’il est avéré que le Président de la République, après avoir reçu et donné des garanties de maintien à chaque représentant des EPT, de la métropole et des départements, ne souhaite pas décider pour ne pas fâcher, cela marque la fin d’une approche volontariste de sa part » regrette le maire de Neuilly et Conseiller métropolitain.
Cette indécision pose également le problème de l’équilibre financier de l’articulation intercommunalité (EPT)/MGP dont les conditions de financement ne sont plus réunies pour assurer leurs missions.
Enfin cette immobilisme s’ajoute à une série de d’évolutions qui tendent à neutraliser l’initiative territoriale comme la contrainte de la contractualisation, la privation des communes du levier fiscal, l’encadrement normatif, les multiples transferts de charges non compensées ou la complexité des textes et des règles qui s’imposent de plus en plus aux élus.
« L’initiative #BalanceTonMaire est totalement irresponsable, au delà du fait qu’elle se réduit à une approche purement fiscale, en totale méconnaissance des projets, des contraintes et des transferts auxquels les communes doivent faire face, marque une détérioration de la confiance dans l’engagement local pourtant indissociable du bon fonctionnement de notre démocratie » alerte Jean-Christophe Fromantin

[communiqué] Neuilly : Baisse des dépenses, autofinancement important, fiscalité basse …

La Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) vient de publier son « analyse financière simplifiée 2017 » de la Ville de Neuilly.

Elle relève des économies importantes réalisées sur les dépenses ; des marges de manœuvre pour autofinancer les investissements ; une fiscalité parmi les plus basses de France.

Les principaux extraits de ce rapport :

En matière de fonctionnement :

  • « Une gestion saine, équilibrée et maîtrisée des dépenses » ;
  • « La baisse des charges de fonctionnement de la ville de -9,7% depuis 2013 » ;
  • « Les recettes plafonnent en raison d’une baisse des dotations (de l’Etat) et de forts versements aux fonds de péréquation. Cette réserve est à nuancer compte tenu de la décision que nous avons obtenue, au printemps dernier, du Conseil d’Etat d’annuler 10 M d’EUR de prélèvement annuel » ;
  • « Très faiblement endettée, la ville peut consacrer la quasi-totalité de ses ressources au financement des investissements » ;
  • « Les ressources fiscales sont plus faibles par habitant que pour chacune des strates de comparaison (Département, Région, National) alors que les fondamentaux (bases et taux) accusent un rendement très supérieur aux moyennes » ;
  • « En EUR/habitant, la ville se distingue par un niveau élevé de ventes et d’autres produits signe d’une offre fournie de services publics et d’une gestion optimisée de son patrimoine et de son espace public » ;
  • « Les charges de fonctionnement sont maîtrisées, les charges de personnel sont inférieures aux moyennes régionales et départementales, les charges financières se révèlent particulièrement contenues (…) Les charges générales atteignent leur niveau le plus bas en 2017 ».

En matière d’investissement :

  • « Le taux de CAF (Capacité d’autofinancement) s’établit à 15,6%, ce qui constitue un taux correct. Il est de 218 EUR/h à Neuilly contre 41 EUR/h pour le département et 77 EUR/h pour la région » ;
  • « 98,6% des ressources d’investissements sont consacrés aux équipements contre 78,9% pour la strate régionale ».

En matière de fiscalité :

  • Les taux sont beaucoup plus faibles que la moyenne régionale
    • 12,57% pour la Taxe d’habitation, contre 21,89% pour la strate régionale
    • 5,08% pour la Taxe foncière, contre 17,23% pour la strate régionale
    • 4,12% pour la Taxe sur le foncier non bâti, contre 43,37% pour la strate régionale

La DGFiP souligne également un taux de réalisation des recettes de fonctionnement supérieur à 110%, ce qui confirme que les prévisions budgétaires de la ville sont construites sur des hypothèses prudentes.

Rapport Castro sur le Grand Paris : nostalgie, nostalgie …  

S’il est difficile de ne pas être d’accord sur le diagnostic posé par Roland Castro sur le Grand Paris, il est en revanche compliqué d’en comprendre les ressorts.

S’il a raison sur le constat – le climat, l’isolement ou les technologies interrogent notre vision du Grand Paris, il surprend sur la proposition ; il extrapole le Paris d’hier alors que nous avons besoin urgemment d’inventer le Grand Paris de demain et, surtout, de l’intégrer dans une perspective nouvelle d’aménagement du territoire.

Avec poésie et nostalgie, Roland Castro redistribue les bistrots parisiens, prolonge les bords de Seine, dessine l’A86 comme l’avenue Foch, repense des « cathédrales laïques », restaure l’architecture, met la Présidence de la République en Seine-Saint-Denis et réintroduit l’agriculture urbaine. Cette approche inspirée de ce qui a façonné l’histoire de Paris dilue naturellement la capitale et sa banlieue dans un nouveau « Paris » dont on saisit mal la modernité et l’ambition.

Car ce rapport passe à côté de « l’essentiel » : sur la pertinence et l’avenir des métropoles actuelles, sur l’aménagement du territoire et sur l’évolution concrète du Grand Paris.

 

  • La première question touche au rôle même des métropoles au XXIème siècle. Roland Castro part du principe que la concentration urbaine est toujours synonyme de progrès. S’il n’est pas contestable que les métropoles jouent un rôle de pivot dans la mondialisation, plusieurs dérèglements relativisent cette approche : isolement des catégories les plus vulnérables, exclusion sociale, développement asymétrique, îlots de chaleur à fort impact environnemental, nivellement culturel et économie stéréotypée qui disqualifient progressivement nos avantages comparatifs. Par ailleurs, plusieurs phénomènes posent la question de l’avenir des métropoles et corroborent la nécessité d’une approche globale de l’aménagement du territoire : la recherche de qualité de vie et l’attirance croissante vers des villes d’équilibre, le commerce en ligne, le travail à distance ou l’émergence d’une nouvelle industrie ouvrent un paradigme qui appelle une approche « disruptive » de l’articulation entre les métropoles et les territoires.
  • La deuxième question tient à la complexité de la situation actuelle du grand Paris. L’empilement des communes, des intercommunalités, des départements, de la métropole du Grand Paris, de la région Ile de France, des services déconcentrés de l’Etat et le poids politique et administratif de la ville de Paris rendent la gouvernance actuelle dispendieuse et sans valeur ajoutée. Si l’idée des « coalitions de communes » proposée par Roland Castro est sympathique, elle ne résout en rien la situation compliquée dans laquelle nous nous trouvons. Le rapport n’aborde aucune des questions concrètes et pratiques, politiquement et institutionnellement, que les élus et les citoyens posent en termes de gouvernance et de finances publiques.

 

En abordant le grand Paris le Président de la République ouvre inévitablement un dossier beaucoup plus large et décisif : celui du rôle des métropoles, du poids de la capitale, de son ambition pour les territoires et d’une certaine manière de sa vision de la France.

Cette approche globale, moderne et audacieuse de l’avenir de notre pays se pose aujourd’hui avec urgence.

Métropoles : entre doutes et hésitations …

Métropoles : le président hésite, le doute s’installe …

« L’actualité politique sur les métropoles est pour le moins confuse : remise le 25 septembre prochain du rapport « Castro » qui vante la « poésie urbaine », tergiversations sur la gouvernance dont la complexité s’avère contreproductive, retard et désengagement autour du Grand Paris Express et de son financement, hésitations autour de la fusion des départements métropolitains, tensions financières entre les grandes villes et l’Etat etc.

Cette séquence reflète une interrogation profonde sur le rôle et l’avenir réel des métropoles »

 

Les métropoles ne sont plus synonymes de progrès

« Alors qu’il était « tendance » de se comparer à New-York, Berlin, Londres ou Tokyo, force est de constater que le doute s’installe. L’emballement pour les villes-monde s’étiole. La recherche d’une meilleure qualité de vie, l’appétence culturelle, le nomadisme qu’offre les technologies ou l’émergence d’une industrie du futur bousculent les idées reçues. S’il n’est pas contestable que les métropoles jouent un rôle de pivot dans la mondialisation, on constate en revanche qu’elles ne sont plus synonymes de progrès : isolement des catégories les plus vulnérables, exclusion sociale, développement économique et social asymétrique, îlots de chaleur à fort impact environnemental ou nivellement culturel »

 

Un nouveau modèle plus ouvert sur les territoires et mieux connecté au monde

« Tous les indicateurs économiques ou sociaux corroborent l’obsolescence d’un modèle hyper-métropolitain isolé des territoires : les déficits récurrents de la balance commerciale trahissent la banalisation d’une économie métropolitaine dont les avantages comparatifs sont de plus en plus ténus – c’est une des explications à notre retard de croissance ; la permanence d’un chômage de longue durée témoigne d’une exclusion sociale croissante.

Notre prospérité passera par un nouveau modèle de société qui combinera nos atouts culturels et notre potentiel technologique mais aussi une nouvelle construction territoriale mieux déployée et plus équilibrée »

La France doit garder sa compagnie nationale aérienne

La France doit avoir une compagnie aérienne nationale, pour au moins deux raisons. D’abord, pour garantir l’universalité du service : on n’imagine pas que certaines destinations soient inaccessibles à destination ou au départ de la France. Air France doit construire son équilibre en intégrant ces contraintes. C’est ce qui justifie la présence de l’Etat dans sa structure capitalistique.

La seconde raison est plus symbolique. La marque « Air France » est le reflet du savoir-faire français. C’est une emblème qui participe de notre rayonnement économique et culturel à travers les monde. Une compagnie nationale historique comme Air France fait office de vitrine pour le pays qu’elle représente. Elle permet de renforcer la position française à l’international, de renforcer l’image d’une économie dynamique, attractive et compétitive. En outre, disposer d’une compagnie aérienne nationale contribue à conforter la place des aéroports français comme « hub » (plates-formes de correspondance, NDLR) sur la scène mondiale.

Air France traverse en ce moment une crise comme n’importe quelle entreprise peut en connaître. Son héritage, issu de la vieille économie, n’est adapté ni aux nouveaux champs concurrentiels, ni aux nouveaux besoins des consommateurs. Mais la modernisation, engagée ces dernières années par ses PDG Alexandre de Juniac puis Jean-Marc Janaillac, a été ralentie par des inerties propres à une structure étatique – alors qu’en réalité, l’État français ne détient que 14 % de son capital.

On a beau la considérer comme une compagnie nationale, Air France doit donc évoluer au même titre que ses concurrents privés. Elle doit être capable de les concurrencer. Comment faire ? Vaste question. La réforme se fait par petites touches. En réalité, je pense qu’elle est même déjà largement entamée : qui aurait imaginé, il y a quelques années encore, qu’Air France unifierait sous une seule bannière, HOP !, la totalité du réseau des lignes régionales ? Qu’elle créerait une compagnie low-cost ? Qu’elle remettrait en cause autant d’avantages acquis  devenus insoutenables ? Ou bien, que des compagnies chinoises et américaines entreraient au capital du groupe ? Air France doit maintenir l’exigence de qualité qui fait sa réputation.

Tout cela fait partie de la stratégie de l’entreprise et je pense qu’Air France va dans le bon sens. Le mouvement global est encourageant, comme en attestent les chiffres de 2017 et la qualité du service que proposent ses lignes. Le temps joue pour la compagnie : il faut à tout prix éviter que la crise qu’elle traverse en ce moment ne mette un coup d’arrêt au processus de transformation.